SCENE XIV
Les mêmes , OLIVIER , dans la plus grande agitation. OLIVIER.
Ah! c'est vous, Monsieur Sédaine. . . {aux Ouvriers.) Mes camarades, si vous saviez, quel malheur!. . je suis perdu ! . . ruiné ! . .
TOUS
Que dit -il ?
SÉDAINE, vivement.
Que s'esl-il donc passé ?
OLIVIER
Apprenez, que malgré les réglemens, et, n'ayant pas assez d'argent pour acheler une maîtrise, je travaillais chez moi. . . en cachette. . .
TOUS
Grand Dieu !
OLIVIER
Jusqu'à présent, sans être inquiété, j'avais pu amasser une petite somme pour me préparer un établissement. . . mais, aujourd'hui. . . ah!, . . c'est affreux d'y penser. . . il paraît qu'ils ont été informés de raticinie portée à leurs privilèges. . . Un grand garde du commerce est entré chez nous, et, malgré mes supplications, malgré les larmes de ma pauvre mère. . .
Aîi*. de l'Espionne.
Sans pîtié , coramo sans courage , Il a contlsqu*? tout mon bien. . .
Moi, contre lui ne potivant rien, Je pleurais, je tremblais de rage. . . (bis.) Le fruit (le mon travail constant , L'espoir d'un sort moins accablant, Tout a péri dans un instant !
Vengeance, amis .'. . .
TOUS
Amis, vengeance!
OLIVIER
Contre eux , tous il faut nous lier.
Le ciel protégera, je pense, La fortune de Touvricr. • •
TOUS
Mes amis, vengeons Touviicr!
SÉDAINE
Arrêtez !. . votre colère le perdrait!. .
OLIVIER
Ah! ce qu'il y a de pis. . . c'est que ce grand garde est rentré chez lui pour dresser son procès-verbal. . . il va, dès Poêle et Maçon. 4
aujourd'hui, le porter lui-même au Prévôt des marchands; alors, plus jamais de maîtrise , plus de mariage. . . CXTHERI^E j sanglottant.
Plus de mariage !
SÉDAITSE.
Mais qui a pu le dénoncer?
TAUPIN
Oui î oui ! quel est le dénonceur?. .
OLIVIER
Ah ! voilà. . . je n'en sais rien. ..(à Sedaine.") Car, excepté vous, personne ne savait mon secret. SÉDAINE , vivement.
Mais, attende», attendez. . . je connais quelqu'un qui pourrait peut-être arranger tout cela, . . notre voisin - ce grand garde du corps des orfèvres. Monsieur Pampnile Hubert. . .
OLIVIER
Pamphile Hubert ! . . mais , c'est lui qui est venu saisir chez moi.
MIJOTOT.
(rueusard, va!. .
CATHERINE
Ah ! mon Dieu!. . ah! mon Dieul. .
OLIVIER
Catherine, qu'avez-vous .î*
CATHERINE
Et moi qui lui ai montré les boucles d'oreilles que vous m'avez données. . . qui lui ai dit votre adresse... pour vous être utile. . .
SÉDAINE
Ah ! c'est trop fort!. . chez moi. . . abliser d'un secret surpris!.. C'est égal. . rien n'est encore perdu !. , (^àCnOieriiie. ) Cours chez ce Monsieur Pamphile. . . dis-lui que j'ai à lui parler sur le champ. . . il viendra.. . sa vanité m'en répond. . . surtout, pas un mot sur cette affaire... il y va de ton bonheur. . .
CATHERINE
Oh l j'y cours , mon parrain ! . . ( Elle sort par le fond. )
SÉDAINE , à Olmer.
Quant à toi, va dans mon cabinet. . . et attends mes instructions. . .
OLiwEW ^ hésitant . •
Mais que voulez-vous faire ?
SÉDAINE
Sois tranquille. . . du calme. . . de la modération et j'ai bon espoir. . .
( Il fait entrer Olivier dan.n lo calnnct 2i gauche.)