‹ Poète et maçon; comédie-vaudeville en un acteChapitre 17 sur 21 · PA M PII ILE · texte numérisé non relu

PA M PII ILE

Et sans pitié le public vous écrase. • . MIJOTOT.

Non , il est e'crasé ! . . . {bis.)

PAMPHILE

C'est délirant !.. où diable a-l-il élé chercher celui-là... « Non il est écrasé! » c'csl-à-dire, qu'il écrase bien d'un Poète cl Maçon . 5

côlë, mais de Taulre... ça lui relombe sur les ëpaules, et c'est bien fail... ( // rit. )

MIJOTOT , donnant une tahrhe à Pamphile. Qu'esl-ce qu'il a donc, ce farceur là ? (à Taupin.) Tu vois bien que mon état est au-dessus du tien...

TAUPIN

Laisse donc, j'ai le pas sur toi.

J'te dis que non!..

TAUPIN

J'te dis que si...

PAMPHILE, à part.

Voilà une discussion littéraire, mais avec quelle décence, quelle urbanité !..

MIJOTOT , à Taupfn.

T'es une bête!..

TAUPIN

Toi , t'es un bélître l

MIJOTOT.

Si tu n'étais pas mon ami...

TAUPIN

De quoi ?.. tu veux me faire du mal ?..

MIJOTOT.

Je t'aplatirais comme une poire tapée !..

SÉDAINE, riant.

Voyons, nies amis, un peu de modération...

RIFOLARD.

Au lieu de te faire du mauvais sang , Mijolot , tu devrais bien nous chanter quelque chose, en attendant le dîner. MIJOTOT, bas il Puulichon.

Demande-moi ma ronde, Poulichon...

POUUCIION.

Ah! Monsieur Mijolot, la ronde que vous avez composée!.

TOUS

Oui, oui , celle qu'il a composée!..

PAMPHILE

Je vous an supplie.... voulez-vous me voir à vos genoux?.,

( Il fli-cliît les genoux, Mijolot le relève , en le poussant à sa gauche.) SÉDAINE.

Allons, Mijolot, ne te fais pas prier...

MIJOTOT.

Pour lors, écoutez tous...

POULICUON.

Kcoutons tous!... ^

MIJOTOT.

Silence, Poulichon! « I.a vie d'un maçon , écrilc par lu -

« niêtite, ou sa posilion sociale, son existence et ses opi- « nions politiques, ainsi que sa manière de captiver le sesque « charmant... "

PAMPHILE

Quel beau titre!., comme c'est populaire!..

MIJOTOT.

Premier couplet : sa posilion sociale.

Air ; Au sexe je sais plaire. ( Etienne et Robert.) L'Maçon , jen ai des preuves, Est un rusé matois, Il fait (les maisons neuves , Pour loger les bourgeois. . .

Ici , vous dansez , en répétant ce joli refrain de la chanson...

Tra la la , Ira la la , etc. r ( Il danse. )

Second couplet : Son existence et ses opinons politiques.

QuMes grands soient en querelle, Il dit : Cliamaitlez-vous !

Perdu- sur mon l'clielle , J'suis au-dessus de vous tous !

Môme répétilion du mtîme juli refrain.

T ra la U , tra la la , etc.

Troisième et dernier couplet. Sa manière de captiver le sesque charmant.

Quand l'amour le travaille, L'objet de son ardeur Est peint sur la muraille Comme dedans son cœur !

Une figure de femme angéiique, avec une pipe à la Louche... Jci l'on danse à mort ...

Tra la la , tra la la , etc.

( Il dansent tous d'une manière grotesaue. Puuliclion figure a\ec Mijotot, Pampnile avec Taupin. )

PAMPlllLE, duiisiiiit encore.

Oh! que c^est sublime, oh! que c'est bien!., oh! que c'est agréable !... (« Sédaine.) Kh! bien mon ami, vous ne prenez pas part à nos jeux instructifs ?..

SÉDAINE

Si fait...

PAMPHILE

Quelle belle séance et que je suis heureux d'y avoir assisté, (à part) D'autant que ça ne m'empêchera pas de poursuivre demain...

SCÈINE XMÏI.

Les mêmes, OLIVIER , CATHERINE.

OLJViEn , accourant.

Quel bonheur, mes amis , félicitez-moi !

PA M PII ILE, à part.

Dieu! c'est mon coupable!...

( Il se cache derrière les ouvriers. ) CATHERINE, avec joie.

Ah! mon parrain... je sais tout... il a été chez le grand Prévôt...

OLIVIER , de même.

El il m'a accordé la maîtrise, grâce à la recommandation.,;

SÉDAINE, montrant Pampkile qui se cacJie, Que Monsieur a signée. . .

PAMPHILE, à part.

C'était pour lui !.. .

OLIVIER, courant à Pamphile.

Ah! Monsieur, que de reconnaissance. . . Quevois-je !... C'est lui qui a confisqué ce que je possédais..^ PAMPaiLE, a part.

Je suis perdu!

MIJOTOT.

Comment, c'est ce vilain oiseau Ih!... Eh! bien, je ne suis pas fâché de la rencontre... Tiens mon chapeau, Pqulichon... (yf Pamphile.) A nous deux!..

TAUPIN

Faut l'plumer comme un canard...

TOUS

A bas !... à bas!...

SÉDAINE

Arrêtez!.. M. Pamphile Hubert, en agissant ainsi, avait des motifs que vous ne pouvez comprendre^. PAMPHILE, tout tremblant.

Des motifs... que vous ne pouvci comprendre...

TOUS

Lesquels ?

SÉDAINE

Sachant qu'Olivier avait éié dénoncé, que loul ce qu'il avait devait âlre pris et confisqué, il a pensé que le meilleur moyen élait de saisir lui-môme !es bijoux, mais seulement afin de les lui conserver, et de les remettre entre ses mains. {A Pamphile.) JM'csI-ce pas, mon confrère i*..

PAMPHILE, rendant précipitamment les bijoux à Sédaine.

Certainement. . . M. Sédaine. . .

SÉDAINE, les donnant à Olioier.

Les voici!. . .

OLIVIER

C'est vrai!

PAMPHILE , à part.

Comme c'est adroit ! . . . je suis sauvé! . . .

TOUS, à PampMe.

Ah ! c'est SDperbe, ça. . .

PAMPHILE , tout glorUuM.

Ma conduile est toute naturelle. . .

MIJOTOT.

Vous avez mon estime. . .

PAMPHILE

Âh! Monsieur. . .

TAUPIN

Vous avez la mienne. . .

BrFOLARD.

Vous avez la nôtre ...

POULICHON.

Je vous donne mon amitié.

PAMPHILE, à Poulirhon.

Croyez bien, jeune compagnon des muses, que. . .

POULICHON.

Compagnon. . . je ne le suis pas encore. . mais, ça ne tardera pas. . .

MIJOTOT.

Et c'est Sëdaine qui le recevra, mon élève !... C'est mon élève!...

SE DAINE

Comment donc , avec plaisir !

MIJOTOT.

Oh! on sait que t'es un ami, pas fier!.,, toujours bon enfant... Quel dommaf^e qu'il ne soit pas resté maçon... 11 en est tems encore... reprends la truelle... PAMPHILE , riant.

Comment, vous dites à Monsieur d'être ma^onf.. " '

MIJOTOT.

Eh! bien?

PAMPHILE. '^"'

Vous voulez qu'il s'abaisse , qu'il se dégrade à ce point ?. savez-vous bien ce que c'est que des maçons., des ouvriers:'.

TOUS

Oh! Oh!..

MIJOTOT, les retenant.

Laissez donc , c'est à moi que Monsieur parle. ( à Pamphile. ) Qu'esl-ce que c'est que des maçons ?..

PAMPHILE

Des hommes brutes ( Mljotot fait tenir son chuficau à Poulichon.)y sans aucune espèce de civilisation, des bétes sauvages...

( Mijotot saisit Painphile et le jette radement à terre. )

PAMPHILE

Messieurs, messieurs !..

MIJOTOt.

Tape dessus, Poulichon, exécute ton mouvement.

SÉDAINE, les apaisant.

Voyons, voyons, finirez-vous... Monsieur n'a pas eu l'intention de vous insulter...

PAMPHILE, se relevant.

Moi, insulter des hommes de génie...

A la bonne heure., ohl c'est que je suis maçon et je m'en fais gloire!..

PAMPHILE

Vous, maçon?. .

RIFOLARD.

Et moi, serrurier!, .

TAUPIN

Et moi, charpentier.

POULICHON.

Et moi , scieur de pierres !..

PAMPHILE

Et vu S, Monsieur Sédaine :'..

SÉDAINE

Je suis ouvrier comme eux!..

PAMPHILE

Ça, par exemple, vous ne nie le ferez pas accroire ; j'ai lu votre nom dans TAlmanach royal, à l'article Académie., à moins qu'il n'y ait deux Sédaine...

SÉDAINE

U n'y en a qu'un; mais il est à la fois poète et maçon...

PAMPHILE, à part.

Ah! je comprends... Ils sont tous poètes et maçons... ils cumulent.

CATHERINE, entrant.

Messieurs, le dîner est servi...

TOUS

A table 1... à table!...

TAUPIN

Nous trinquerons au bonheur d'Olivier et de Catherine..

SÉDAINE

A la générosité de Monsieur l'aniphllc Hubert...

TOUS

.\ table!., à table!..

PAMPHILE

La séance est levée*, ont-ils eu de l'esprit !.. ( se frottant les bras. ) J'en aurai une courbature !

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