OLIVIER, CATHERINE
OLIVIER , avec embarras.
Bonjour, mam'selle Catherine, comment que ça va, depuis le tems ?..
CATHERINE
Ah! vous voilà, Monsieur... c'est bien heureux !
OLIVIER
Monsieur Sédaine n'y est pas i*
CATHERINE
Voilà tout ce que vous avez à me dire ? Au fait , vous devez craindre de le rencontrer. Monsieur Sédaine?
OLIVIER
Quî,mioi?.. par exemple !.. un homme comme lui... qui n'est pas fier avec les ouvriers... qui se souvient qu'il a été comme nous dans la peine et qui voudrait nous en tirer...
CATHERINE
(]'est vrai que c'est un honnête homme., aussi, il a fait son chemin, lui... car enfin, de simple tailleur de pierre qu'il était, le voilà devenu architecte, poète et académicien... Vous n'aurez jamais cet avancement là, vous.
OLIVIER
Oh! je n'en demande pas tant... si je pouvais seulement arriver à être votre mari...
CATHERINE
C'est ça., je vous conseille d'y compter., {mystérieusement.') Monsieur Sédaine sait de vos nouvelles.,. OLIVIER , vivement.
Que voulez -vous dire ?
CATHERINE
Il a pris des informations sur vous cl tout est découvert!..
OLIVIER
Qu'ontends-jc ?
CATHERINE
Depuis un mois, vous n'allez plus chez voire maître orfèvre...
OLIVIEB , à part.
Ah ! mon Dieu ! si l'on savait !..
CATHERrNE.
Vous êtes confondu !.. ah ! je n'aurais jamais cru que vous fussiez un mauvais sujet, un paresseux!..
OLIVIER
Un paresseux !
CATHERINE
Oui, Monsieur.
OLIVIER
Je vous jure que je ne mérite pas...
CATHERINE
Laissez-moi... je ne veux plus vous parler.
OLIVIER
Ma petite Catherine...
CATHERINE, s'élotgnant.
Je n'écoute rien.
OLIVIER, tirant une petite hoîte de sa poche. Moi, qui venais pour vous offrir...
CATHERINE, se rapprochant vî\>ement.
Quoi donc?
OLIVIER
Ce petit présent.
CATHERINE, ouvrant la hotte.
Que vois-jel... des boucles d'oreilles magnifiques !...
OLIVIER
C'est mon ouvrage l
CATHERINE
A'^otre ouvrage... Lien vrai.''... alors, vous n'j^les pas un paresseux... fallait donc dire ça tout de suite. ..vous me laissez là vous gronder...
OLIVIER
Ainsi, vous ne m'en voulez plus ?
CATHERINE, tenant les houcles (ïoreilles. Que c'est gentil !... mais , qu'esl-ce que vous allez dire à Monsieur Sédaine pour vous justifier i*
OLIVIER, ui^cc embarras.
A Monsieur Sédaine... c'est vrai! ( A part. ) Allons, il faudra tout lui avouer.