‹ Poète et maçon; comédie-vaudeville en un acteChapitre 3 sur 21 · OLIVIER, CATHERINE · texte numérisé non relu

OLIVIER, CATHERINE

OLIVIER , avec embarras.

Bonjour, mam'selle Catherine, comment que ça va, depuis le tems ?..

CATHERINE

Ah! vous voilà, Monsieur... c'est bien heureux !

OLIVIER

Monsieur Sédaine n'y est pas i*

CATHERINE

Voilà tout ce que vous avez à me dire ? Au fait , vous devez craindre de le rencontrer. Monsieur Sédaine?

OLIVIER

Quî,mioi?.. par exemple !.. un homme comme lui... qui n'est pas fier avec les ouvriers... qui se souvient qu'il a été comme nous dans la peine et qui voudrait nous en tirer...

CATHERINE

(]'est vrai que c'est un honnête homme., aussi, il a fait son chemin, lui... car enfin, de simple tailleur de pierre qu'il était, le voilà devenu architecte, poète et académicien... Vous n'aurez jamais cet avancement là, vous.

OLIVIER

Oh! je n'en demande pas tant... si je pouvais seulement arriver à être votre mari...

CATHERINE

C'est ça., je vous conseille d'y compter., {mystérieusement.') Monsieur Sédaine sait de vos nouvelles.,. OLIVIER , vivement.

Que voulez -vous dire ?

CATHERINE

Il a pris des informations sur vous cl tout est découvert!..

OLIVIER

Qu'ontends-jc ?

CATHERINE

Depuis un mois, vous n'allez plus chez voire maître orfèvre...

OLIVIEB , à part.

Ah ! mon Dieu ! si l'on savait !..

CATHERrNE.

Vous êtes confondu !.. ah ! je n'aurais jamais cru que vous fussiez un mauvais sujet, un paresseux!..

OLIVIER

Un paresseux !

CATHERINE

Oui, Monsieur.

OLIVIER

Je vous jure que je ne mérite pas...

CATHERINE

Laissez-moi... je ne veux plus vous parler.

OLIVIER

Ma petite Catherine...

CATHERINE, s'élotgnant.

Je n'écoute rien.

OLIVIER, tirant une petite hoîte de sa poche. Moi, qui venais pour vous offrir...

CATHERINE, se rapprochant vî\>ement.

Quoi donc?

OLIVIER

Ce petit présent.

CATHERINE, ouvrant la hotte.

Que vois-jel... des boucles d'oreilles magnifiques !...

OLIVIER

C'est mon ouvrage l

CATHERINE

A'^otre ouvrage... Lien vrai.''... alors, vous n'j^les pas un paresseux... fallait donc dire ça tout de suite. ..vous me laissez là vous gronder...

OLIVIER

Ainsi, vous ne m'en voulez plus ?

CATHERINE, tenant les houcles (ïoreilles. Que c'est gentil !... mais , qu'esl-ce que vous allez dire à Monsieur Sédaine pour vous justifier i*

OLIVIER, ui^cc embarras.

A Monsieur Sédaine... c'est vrai! ( A part. ) Allons, il faudra tout lui avouer.

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