‹ Poètes d'aujourd-hui, 1880-1900Chapitre 1 sur 202 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

C'est ici un ouvrage didactique, si Ton veut : ui guide de la poésie récente. Des livres des mieus connus d'entre les poètes qui participèrent au mou- . vement littéraire appelé « symboliste », nous avons extrait, non pas toutes les belles pièces, mais quelques-unes seulement des plus belles pièces, et soui le titre qu'on voit à ce travail nous les apportons au public comme un témoignage du parfait labeui d'art où se vouèrent ces écrivains et comme ui renseignement direct sur leur œuvre. Et c'est ici ur livre de Morceaux choisis, sans plus.

Nous ne pensons pas qu'il nous soit défendu d< marquer que la composition de ce volume, ei même temps qu'elle fut un peu délicate, manqua parfois d'agrément. Outre que nous avons er somme bien peu travaillé pour nous, de qui l'un depuis Ronsard jusqu'à M. Charles Guérin, saii de mémoire tous les vers à peu près qu'il aime souvent il nous fallut aller à l'encontre de notre goût. Si nous avions, en efiFet, écouté notre seu plaisir, tels poètes, par exemple, que nous avonj

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accueillis, presque sûrement eussent été n^^glîg-és, tandis que tels autres, au contraire, non point oubliés mais que nous ont fait omettre de multiples nécessités, tout de suite auraient eu leur place, au lieu d'être remisa, peut-être, un second bouquet. Et ces minces tristesses nous les avons retrouvées quand, avec la même douceur que si nous eussions inventorié les salles à peine connues de petits musées tantôt éclatants et sonores, et tantôt monotones et voilés, nous dûmes décider du choix des poèmes, et qu'à la place, parfois, de telles pièces d'une beauté trop neuve ou trop vive, il nous fallut prendre telles autres qui, de tous points, nous semblaient convenir mieux. Mais avant tout nous faisions un livre pour le public, et seule, cette considération devait être notre guide. Avant tout, nous faisions un livre que tout le monde pourrait lire, où chacun sûrement trouverait sa complaisance... Et s'il faut le dire, dans ce sens nous ne sommes pas loin de croire que nous avons réussi.

Il nous semble qu'on pourra juger de notre impartialité quant au milieu, à la production et au procédé d'art, isi l'on veut bien examiner la liste des poètes qui figurent dans cet ouvrage et constater — les morts, et surtout Paul Verlaine et Stéphane Mallarmé, tous deux hors du temps, mis à part — que nous avons accueilli aussi tranquillement M. Fernand Gregh, fêté dans les salons, que. M. Raymond de La Tailhède, de qui le nom n'a.

INTRODUCTIOtf

guère franchi un cercle d'écrivains; que nous sommes allés de M. Henri de Régnier, dont Toeuvre déjà compte, jusqu'à M. Paul Valéry, quin'a encore publié aucun livre; et qu'à côté de poètes usant de préférence du vers libre, comme MM. Gustave Kahn, Emile Verhaeren, Francis Vielé-Griffin, etc., nous avons admis, les reliant, pour ainsi dire, par MM. Francis Jammes, Maurice Magre, etc., qui pratiquent un alexandrin libéré, et par M. Paul Fort, dont les Ballades sont en prose rythmée, des poètes très proches du Parnasse ou tout au moins demeurés fidèles à la technique parnassienne, comme MM. Henri Barbusse, Pierre Louys, Pierre Quillard, etc.

Nous n'avons toutefois pas cru devoir observer le même détachement quant aux indications contenues au paragraphe : a consulter de chacune des bibliographies. LA, en effet, nous avons tenu à éviter l'encombrement autant qu'à ne signaler que des documents où se reporter utilement. Nous avons donc omis très absolument d'y rappeler à la fois ces notes et courtes chroniques, dans les journaux, lors de la parution d'un livre, et qui n'apprennent rien sur son auteur, et ces écrits montrant le parti-pris et n'ayant nul rapport avec la critique non plus, souvent, qu'avec la littérature, comme, par exemple, les articles de M. Henry Fouquier au sujet de Paul Verlaine et de Stéphane Mallarmé.

Il ne nous reste plus qu'à expliquer la méthode

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HENRI ÔARBUSSË

M. Henri Barbusse est né le 17 mai 1874^ à Asnières (Seine). U fut lauréat du concours de poésie de Y Écho de Paris en 1893. Et il a épousé, en 1898, MHe Hélyonne Mendés, la plus jeune fille du poète. Aujourd'hui critiqué dramatique à Ixi Grande Revae, M. Henri Barbusse, jusqu'ici, n'a publié que cet unique volume de vers : Pleureuses ^ dont M. Catulle M endès écrivait, quand il parut : « C'est plutôt un poème, ce livi^, un long poème, qu'une succession de pièces, tant s'y déroule visiblement l'histoire intime et lointaine d'une seule rêverie. Les Pleureuses viennent l'une après l'autre ; tous leurs yeux n'ont pas les mêmes larmes, mais c'est le même convoi qu'elles suivent, le convoi, dirait-on, d'une âme morte avant de naître... C'est bien une âme, oui, plutôt même qu'un cœur, qui se désole en ce poème, tant tous les sentiments, l'amour, les désespoirs, et les haines aussi, s'y font rêve... Les P/eareases pleurent en des limbes, limbes de souvenance où se se* raît reflété le futur. Et en cette brume de douceur, de pâleur, de langueur^ rien qui ne s'estompe, ne se disperse, ne s'évanouisse, sans disparaître délicieusement. . . Pas de plainte qui ne soit l'écho d'une plainte qui fut un écho. Et c'est le lointain au-delà du lointain... » Et sûrement l'on goûtera, dans les quelques pièces que nous donnons, les beautés tristes, voilées et presque muettes qu'à tout instant elles montrent. — P. L*

B poÀTBs d'aujourd'hui

Bibliographie :

Lesoeuvrbs. — Pleureuses, poésies, l'aris, Fasqaelle, 1896.

A CONSULTER. — F. Coppée: Mon franc- parler, 4* série, Paris, Lemerre, 1896.

H. Chantavoine: Poètes et poésies. Journal des Débats, ai noyembre 1895. — G. Mendès : Henri Barbusse, Echo de Paris, 3o avril 1895. — L. Muhlfeld: Chronique de la littérature. Revue blanche, i«r juin 1895. ^P. Quillard : Henri Barbuise^lILNxm^ et France^août 1896.

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