LA CHANTEUSE A LA BAGUE
A Madame Hélène Linder*
Dame aux cheveux nimbés de Tor de tout l'automne Qui pèse sur les fleurs et les fruits du verger, Vous faisiez, ce soir, luire à votre doigt léger Une bague où battait le cœur d'une anémone.
Triste un peu, vous chantiez sur un air monotone La chanson d'un poète au rêve jnensonger Qui sous ce ciel en feu m'a longtemps fait songer Aux rois fous qui sont morts sans glaive ni couronne.
Et lorsqu'au rythme uni des gestes, et du son Le soleil transperçait la pierre de la bague, Goutte de sang perlant au coup vif d'une dague.
Mon âme abandonnée au cours de la chanson Mourait et renaissait sous le signe éphémère De votre main d'enfant qui charme la Chimère.
{Poèmes, iSSy-iSQj : Le Jeu des Epées,) SOLITUDE
On dit que des rois morts ont foulé ce sentier •
Qui mène au banc de pierre où nous aimons nous asseoir.
Alors que sur la solitude tombe la paix du soir
Et que nos cœurs sont pleins de chants muets, comme des psautier
De ce rocher on vit, sous les fanfares de la conquête,
La plaine se hérisser soudain d'épis de fer,
Et des multitudes, revenues des étés et des hivers,
Rouler comme un fleuve rouge vers la grande ville en fête.
STUART MERRILL IqS
Mais ni la chevauchée ensoleillée sous les bannières, Ni le doux tonnerre des tambours dans le printemps, Ni le cri des clairons dressés en corolles d'or,
Ne valent ce silence où notre fatigue s'endort. Et la caresse des ombres qu'entremêlent les vents Et la minute éternelle de notre baiser, cette prière l
{Les Quatre Saisons.