‹ Poètes d'aujourd-hui, 1880-1900Chapitre 53 sur 202 · CHANTONNE LENTEMENT · texte numérisé non relu

CHANTONNE LENTEMENT

Chantonne lentement et très bas... mon cœur pleure... Tristement, doucement, plaque l'accord mineur ; [1 fait froi^, il pâlit quelque chose dans l'heure,.. Un vague très blafard étreint l'âpre sonneur. A.rrète-toi... c'est bien... mais ta voix est si basse ?... Trouves-tu pas qu'il sourd comme un épais sanglot ? Chantonne lentement, dans les notes il passe, S^rillante, l'âcreté d'un malheur inéclos.

Rncorel la chanson s'alanguit... mon cœur pleure; Des noirs accumules estompent les flambeaux.

Je parfum trop puissant et douloureux qu'il meure. Llhant si lourd à lalcôvc ainsi qu'en un tombeau. D'où donc ce frisselis d'émoi qui me pénètre,

GUSTAVE KAQxV

D'où très raesurément, ce rythme mou d'andante? Il circule là-bas, aux blancheurs des fenêtres, De boudeuses moiteurs, des ailes succédantes.

Assez ! laisse expirer la chanson . . . mon cœur pieu Un bistre rampe autour des clartés. Solennel, Le silence est monté lentement, il apeuré Les bruits familiers du vague perennel .

Abandonne. . . que sons et que parfums se taisent I Rythme mélancolique et poignant I... Oh! douleur, Tout est sourd, et grisâtre et s'en va ! — Parenthèse Ouvres-tu Tinfini d'un éternel malheur ?

'{Les Palais Nomades,)

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