FILE A TON ROUET
File à ton rouet, file à ton rouet, file et pleure Ou dors au moutier de tes indififérences
Ou marche somnambule aux nuits des récurrences Seule à ton rouet, seule file et pleure.
Sur la route, les cavaliers fringants Poussent les chevaux envolés dans le vent, Souriants et chanteurs s'en vont vers les levants Sur la route ensoleillée les cavaliers fringants.
File à ton rouet, seule à ton rouet, file, et pleure. Seule à ton rouet, file, crains, pleure.
Et celui dont la tendresse épanouie
Soufifre aux nerfs, aux soucis, à Touïe, Celui-là s'en ira pour consoler ses doutes Aux refuges semés le long des âpres routes ; Suspends aux greniers les chanvres rouis.
File à ton rouet, les chansons sont légères.
Les images redisent les gloires des marins.
Les chansons s'évident aux heures plus légères, Proches du retour sonore des marins.
Et voici^ las des autans et des automnes Au ciel noir des flots qui tonnent.
Le voici passer qui vient du fond des âges, Noir et brun, et si triste : et les lents marécages De ses yeux où demeurent stagnantes les douleurs S'arrêteront épars sur tes yeux de douleurs.
eUSTAVE KAHN 105
Seule à ton rouet, file et pleure Tes candeurs nubiles s'en iraient au gou£Fre Au gfouffre lamé de passé qui souffre Depuis les temps, les temps, les leurres et les leurres File à ton rouet, seule file et pleure.
{Les Palais Nomades . )