‹ Poètes d'aujourd-hui, 1880-1900Chapitre 70 sur 202 · PIERRE LOUYS · texte numérisé non relu

PIERRE LOUYS

Arrière-petit-fils du docteur Sabatier,médecin de Napoléon et petit-neveu du jçénéral Junot, duc d*Abrantès, M. Piern Louys, qui est né à Paris le 10 décembre 1870, est surlou connu du public comme romancier,et nous pensons qu'on re trouvera avec plaisir, dans ce Morceaux choisisy quelques uns des poèmes où premièrement il s'efiPorça. La plupart de vers que nous donnons parurent d'abord dans La Conque petite revue par lui fondée en 1891^ où collaborèrent égale ment MM. Henri de Régnier, André Gide et Paul Valéry, e dont les onze numéros furent honorés d'unepage inédite tour; tour de Leconte de Lisle» de Paul Verlaine, de Stéphane Mal larme, de José-Maria de Heredia, etc. Ils formèrent ensuit une ^plaquette publiée à la Librairie de TArt indépendant sou le titre : Astarté et que devaient suivre de petites traduction de Lucien et de Méléagre, quelques contes dans le goût antiqu et les premières des Chansons de Bilitis, de si amusante mé moire. M. Pierre Louys, alors, n'était encore qu'un amateu élégant et très lettré et connu seulement d'une élite de dé licals. Et peut-être le serait-il resté sans son roman Aphrc dite qui soudain le rendit célèbre. Tout le monde aujourd'hi ayant lu ce livre, nous n'en parlerons qu'à peine. C'est à pein si nous noterons que présenté sous son premier titre LEsclo va(je, d'abord à la Revue Blanche^ où le parcourut un critiqu

lyant, pais ensuite à VEcho de Pans, journal lit- Tavait recommandé M. Jean Lorrain, ce roman fusé. Car de toutes ces misères, M. Pierre Louys ) distraire en continuant ses voyaiç^ tantôt en Afrien EspajQ^ne, tantôt encore en Italie, et il serait 'écriminer où il sourit. Nous rappellerons seule succès considérable qu'obtint ce roman quand il en 1896, au Mercure de France, Dans un article le, M. François Coppée salua en M. Pierre Louys 3 accompli, un écrivain de race, à qui l'on devait re charmant et sur qui les lettres françaises avaient fonder de magnifiques espérances ». Et deux jours îseen vente plus un seul volume ne restait à^Aphro^ 'auteur, fidèle à ses goûts, n'avait voulu permettre je de 1000 exemplaires et dont il fallut tirer à la hâte es éditions, lesquelles se succédèrent et se succèe. Nous rappellerons également le succès du deuxièle M. Pierre Louys, La Femme et le Pantin^ et des de BilitiSy où s'amusa si parfaitement son érudi-

en effet, le génie charmant qui habile son front a I. Pierre Louys ces poèmes à la fois luxurieux et

si, les donnant comme traduits du grec, il les ïdaigneusement à Bilifis tant aimée et qui pourtant nais, ce ne fut guère que par amusement de lettré re parce que ce nom aux syllabes chantantes l'emdouceur. Pourtant, quand parurent Les Chansons

on n'en crut pas moins à une traduction. Et Louys lui-même, en guise d'avant-propos aux LeC" jaes, que depuis quelque temps il publie régulièrele Mercure de France, nous a conté qu'un savant de faculté, ancien élève de TEcole d'Athènes, et à

envoyé son ouvrage, lui répondit qu'il avait avant vre de Bilitis. Mais il nous faut achever cette notice, r admiré le romancier, on va pouvoir juger du L et l'autre, d'ailleurs, se complètent et ne font qu'un.

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Et ceux-là qui ont aimé les romans de M. Pierre Louys ne pourront qu'étendre cet amour à ses poèmes, tant l'harmonie et la grâce sensuelle des phrases à* Aphrodite s'y retrouvent, avec le même souci de la forme et la même évocation aussi d'une beauté dont le culte semble s'être perdu.

11 nous reste à marquer, comme renseignements, que M. Pierre Louys a épousé, en 1899, Mademoiselle Louise de Heredia, fille cadette du poète des Trophées, et qu'il a collaboré : à La Hevae d'au jour d'huit 1890, — kLa ConqueyiSgi, — à LaWallonîet 1890, 1 891 et 1892. (C'est dans le n» de décembre 1892 de celte revue que parut le premier chapitre du roman qui, après plusieurs changements de litre, devait s'appeler plus tard: Aphrodite)^ — à Floréal,i8Q2, — au Mercure de France, depuis 1894, — kLa Revue Blanche^ — au Centaure, 1892, recueil de luxe qu'il fonda avec MM. Henri de Régnier, A. -F. Herold, Jean de Tinan,Paul Valéry et Henri Albert, d'une collaboration limitée aux seuls fondateurs et qui n'eut que deux tomes, — au Journal, — à La Revue franco^américaine, — à Ulmagey — k La Vogue (nouvelle série, 1900), — etc. — P. L.

Bibliographie :

Les œuvres. — i4«<flr/e', poèmes/couverture en couleur d&Â. Besnard, Paris, 1891 (épuisé). — Les Poésies de Méléagre, trad, par Pierre Louys, Paris, Art Indépendant, 1898 (épuisé). — Lêda conte, plaquette, Paris, Artindépendant, 1893 (épuisé). — Chrysis prose, plaquette, Paris, Art Indépendant, xSqS (épuisé). -*- Ariane, prose, plaquette, Paris, Art Indépendant, 1894 (épuisé). — Scènes, de la Vie des Courtisanes^ de Lucien de Samosate, trad. par Pierre Louys, Paris, Art Indépendant, 1894 (épuisé). — La Maison sur le Nil, prose, plaquette, Paris, Art Indépendant 1894 (épuisé). — Les Chansons de jBi7///s, poèmes en prose, Paris, Art Indépendant, 1894.

— Aphrodite, roman de mœurs antiques, Paris, Soc. du Mercure de France,i896 (édition in-ï8 et édition in-8»). — |Pi erre de Ronsard: Les Amours de Marie, édition précédée d'une Vie de Marie Dupin, par Pierre Louys, Paris, Soc. du Mercure de France, 1897. ^Aphrodite, roman de mœurs antiques, illust. de Calbel. Paris, Borel, 1896.

— Les Chansons de Biliiis, roman lyrique, édition în-8, ornée d'un portrait de Biliiis en couleurs par Paul-Albcrl Laurens, Paris, Soc.

i32 poiTKS d'aujourd'hot

i\[ï Afercure de France, 1898. -^ Les Chansons de Bilitis^ roman lyriijne, édition in-i8, Paris, Soc. du Mercure de France, 1898.— Lèda, conte,ornëde dix dessins en couleurs de Paul-Albert Laurens, Pa»is, Soc. du Mercure de France, 1898. — Léda^ illust. de Calbet, Paris, Borel, 1898. — ByblU^ conte, illust. de Wa^ez, Paris, Borel, 1898. — La Femme et le Pantin^ roman espagnol, édition in-8, ornée d'une reproduction en héliogravure du Pantin dt Groya, Paris, Soc. du Mercure de France, 1898. — La Femme et le Pantin, édition in-18. Paris, Soc. du Mercure de France, 1 898. — Une Folupté nouvelle, conte, illust. de Marold, Paris, Borel, 1899. — La Femme et le Pantin^ roman espagnol, illust. de Calbet et Dédina, Prris, Borel, 1899. — Mimes des Courtisanes ^ de Lucien, traduction littérale, avec préface, Paris, Soc. du Mercure de France, 1899. — Les Chansons de Bilitis, roman lyrique, illust. par liotor, Paris^ Fasquelle, 1900. — Les Aventures du Roi Pausole, roman, Paris. Fasquelle, 1 900.

Eif PRÂPAHAnov. — Un volume de contes, et un volume de poèmes, ces derniers sans titre encore.

Traducfions. — Aphrodite, trad. par Henri Albert, Budapest. Grimm, 1897. — Aphrodite, trad. par Dr Rozsa Géza, Budapest, Sachs' es Pollak, 1897. — Aphrodite^ trad. par Henri Albert, Budapest, Grimm, 1898. — Afrodita, illust. de Calbet, Paris, Libreria artistica, 1898. — Aphrodita, en livraisons, trad. par Stanislas K. Neumann, Prague, 1898. — La Femme et le Pantin, trad. par Armin Schwarz, Budapest, Grimm, 1899.

(Des Chansons de Bi lit is ont été mises en musique par M"* Strohl et par MM. Debussy, Gabriel Fabre, Jean Huré, Léon Moreau et Paul de Wailly.)

A CONSULTER. — R. de Gourmont : Le Livre des Masques, Paris, Soc. du Mercure de France, 1896. — Ach. Segard î Les Voluptueux et les Hommes d'action, Paris, OllendorfiF, 1900; — V. Thompson : French Portraits (Being appréciations of the wriler of Young France), Boston, Richard G. BadgeretC* 1900. — T. de Wyzewa ; Nos Maîtres, Paris, Perrin, 1896.

Anonyme : La Femme et le Pantin, légende de CIeg, dessins de Sahib. Vie Parisienne 9 juillet 1 898. — F. Coppée : Pierre Louys, Journal, 16 avril 1896. — R. Dehmel : Lieder der Bilitis, Die Gesellschaft (Leipzig), 1896. — G. Descbamps : M.Pierre Louys, Temps, 7 juin 1896. — P. Ginisty : Causerie littéraire. Les Chan* sons de Bilitis, Gil Blas, 5 janvier 1895.

Jacques Blanche : Pierre Louys et Henri de Régnier, peinture, 189a.— Jacques Blanche : Peinture, 1894 (exposée la môme année

PIEHRE LOUYS

au Salon de la Soc. Nat. des Beaux-Arts). — Brindeau : Peinture, 1897 (exposée la même année au SaloQ ^e la Soc.nat.des Beaux Arts. Appartient à M.Pierre Louys). — P.-A. Laurens : Pointe sèche. 1898 (appartient à M. Pierre Louys). ~ H. Bataille : Lithoffraphie, iSc^S. — F. Vallotton : Masque, dans Le Livre des Masques^ de R. de Gourmont, Paris, Soc. du Mercure de France, 1896.

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