SONNET ADRESSÉ A M. MALLARMÉ LE JOUR OU IL EUT CINQUANTE ANS
Cinquante heures de nuit préparatoire, ô Maître I Demain s'éblouiront d'aurore, et nous saurons A l'ombre magistrale errante sur nos fronts Qu'on a vu sourdre l'or et la lumière naître.
Eux aussi vont jurer que pas un ne fut traître Au doigt qui désignait l'aube rouge des troncs. Le jour croît. Vous verrez tous les mauvais larrons, Qui fuyaient devons suivre au désert, reparaître!
i86 POÈTES d'aujourd'hui
Ils donneront à qui méprisa leur troupeau
La gloire qu'ils rêvaient de pourpre sur leur peau
Et les lauriers d'argent piqués aux fers de lance;
Mais nous n'entendrons pas ces voix soûles de bruit, Car nous aurons coupé pour le plus pur silence Sous vos pieds créateurs les roses de la nuit.
(77 mars i8gi,)