‹ Poètes d'aujourd-hui, 1880-1900Chapitre 94 sur 202 · LE SOLEIL GISANT · texte numérisé non relu

LE SOLEIL GISANT

Le soleil gisant dans Taprès-midi fade Jaunit les vieux meubles de noyer ; Ah ! comme nous allons nous ennuyer Avec cette lumière malade.

Nous ne les avons jamais aimées^

Ces amusettes du dehors :

Nous nous faisons à nous-mêmes nos décors,

£t nos impudeurs y dansent en aimées.

Le ballet des incertitudes Voilà qu'il va se dérouler encor :

On n'aura donc jamais de quiétudes, On ne sera donc jamais d'accord ?

Nous voudrions la raison des choses Pour nous conduire à peu près bien :

Se plaindre qu'il n'arrive jamais rien, Est-ce que c'est cela les névroses?

On n'a qu'à contempler, on s'ennuie, On ne tient à rien, tout est déjà fait :

Et puis quand tout semble s'être défait, On a l'âme pleine de plijie.

CAMILLE MAUCLAm iSl

Il faudrait pourtant sur ce front Mettre un peu d'ordre, ou bien alors de la folie : Car enfin pensez-vous que c'est le vin et puis la lie Ou des attouchements qui nous consoleront?

(Sonatines d'automne.)

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