‹ Poètes d'aujourd-hui, 1880-1900Chapitre 97 sur 202 · UNE DOUCEUR · texte numérisé non relu

UNE DOUCEUR

Une douceur et puis une lenteur

Et puis un geste caressant qui descend

Sur la moiteur

De mon front,

C'est votre main sur ma tristesse posée.

Une musique fleurie.

Et puis une nostalgie inassouvie,

Une musique de douleur inapaisée,

Sur les fibres de mon cœur triste

C'est votre voix comme une oiselle posée.

Une lueur de diamant

Au fond d'une eau froide et claire,

Une améthyste qui s'éclaire

Au reflet de mes yeux mornes,

C'est votre prunelle sur la mienne* . .

CAMILLE MAUCLAIR l83

Mais votre bouche de san^j et de crépfuscule Sur ma bouche de crépuscule et de sang* Ah I c'est ton âme toute Sur la mienne comme un chrysanthème posée.

(Sonatines d'automne.j JE SUIS ÉBAUCHÉ CE SOIR...

Je suis ébauché ce soir Par des mains heureuses Qui prennent mon cœur Avec lenteur

Et le font si frôle et si puéril Que le désir des pleurs Tremble au bord de mes cils.

Mais il y a tant de silence

Que je n*ose pas pleurer,

Mais il y a tant de somnolence

Que je n'ose pas rêver,

Seigneur 1 il y a tant de magnificence

Que je n'ose pas exister I

je suis comme une eau dormante,

O je suis comme une feuille oubliée

A la brise où l'octobre aux cheveux d'or lamente,

Triste des cygnes et de toute la rosée.

{Sonatines d'automne.)

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