UNE DOUCEUR
Une douceur et puis une lenteur
Et puis un geste caressant qui descend
Sur la moiteur
De mon front,
C'est votre main sur ma tristesse posée.
Une musique fleurie.
Et puis une nostalgie inassouvie,
Une musique de douleur inapaisée,
Sur les fibres de mon cœur triste
C'est votre voix comme une oiselle posée.
Une lueur de diamant
Au fond d'une eau froide et claire,
Une améthyste qui s'éclaire
Au reflet de mes yeux mornes,
C'est votre prunelle sur la mienne* . .
CAMILLE MAUCLAIR l83
Mais votre bouche de san^j et de crépfuscule Sur ma bouche de crépuscule et de sang* Ah I c'est ton âme toute Sur la mienne comme un chrysanthème posée.
(Sonatines d'automne.j JE SUIS ÉBAUCHÉ CE SOIR...
Je suis ébauché ce soir Par des mains heureuses Qui prennent mon cœur Avec lenteur
Et le font si frôle et si puéril Que le désir des pleurs Tremble au bord de mes cils.
Mais il y a tant de silence
Que je n*ose pas pleurer,
Mais il y a tant de somnolence
Que je n'ose pas rêver,
Seigneur 1 il y a tant de magnificence
Que je n'ose pas exister I
je suis comme une eau dormante,
O je suis comme une feuille oubliée
A la brise où l'octobre aux cheveux d'or lamente,
Triste des cygnes et de toute la rosée.
{Sonatines d'automne.)