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llî(cf.lle) ! . ! . 1 . . I . . ! ll',9i7!4!i.
12o('cf.l2a) !.!..!..!..! l^. io,7,4,l.
^^^' — Incises terminées par un anapeste
et un iambe.
NOTATION 12.11.10.9. 8. 7. 0.5. 4. 3. 2. 1. syll. toniq.
0 b(cf. Oa) !.!..! 641
8 c (cf. 8 b) :.!.!..! 641
10d(cf. 10 b) :.!.!.!..! ' 8 6 4 1
llf(cf.lle) :.!..!.!..! 9,0,4,1.
12g(cf. 12b) :.!.!.!.!..! 10,8,6,4,1.
Ces tableaux auront, sans doute, quelque utilité ; mais il faut se rappeler toujours que les auteurs des rythmes toniques, uniquement guidés par la mélodie, laissaient souvent flotter les accents au début des incises. C'est pourquoi, plus les incises sont longues, et plus leurs premiers éléments toniques sont difl^ciles à déterminer.
COMPARAISON AVEC LES ANCIENS MÈTRES. — DèS le
début de cet ouvrage, nous avons appliqué les termes de rancienue prosodie aux rythmes lu mnographiques. Cette terminologie claire et précise, que nous ont léguée les métriciens, était nécessaire pour fixer les idées. Mais toutes les circonstances de la révolution rvthmique que nous avons retracée et toute l'histoire ultérieure de l'hymnographie, témoignent que la nouvelle prosodie ne dérive aucunement de l'ancienne et que les mélodes n'ont jamais manifesté l'intention de renouveler, au profit de l'accent, les formes de versification disparues. Le caractère le plus remarquable du nouveau lyrisme est précisément ce renoncement absolu à toutes les apparences littéraires. Les mélodes sont des aèdes avant d'être des poètes : en tout cas, ce ne sont point des versifl-
M. W. Christ, dans son Anthologie, s'est livré :\ un long travail de comparaison entre les incises toniques de la nouvelle prosodie et les rythmes de la prosodie classique (1) : rillustrc métricien semble s'être fait illusion sur la valeur de ses ingénieux rapprochements. On l'a accusé même de ranger les rythmes des mélodes dans la catégorie des vers politiques. Ce serait là une grave erreur, mais nous ne pouvons croire qu'il l'ait commise : il y a , entre les incises toniques de riiymnographie et les
(1) Aiith , p scv : . lluic socunJo capiti de versibus et pcriodis hune finem imponore consUtuimus, ut ali.iuot exempla vcrsuum cum suis schematis (0 apponerem, quibus in cxcmplis selegcndis id potissimum cgi, ut byzantines moiodos vetoruui poctarum versus suomore imitâtes cssc demonstrarcm. »
vers politiques, plusieurs différences considérables. qui ne pouvaient lui échapper.
V Dans le vers politique, le retour régulier de l'accent se limite à la syllabe de rhémistiche et à la pénultième, et quelquefois à la pénultième seule. Au contraire, dans les incises des cantiques, la loi de riiomotonie s'applique uniformément à tous les accents.
2^ Les vers politiques sont généralement paroxytons (désinences féminines): la plupart des incises dans les cantiques des mélodes sont accentuées sur la finale ou sur l'antépénultième (désinences masculines).
:> Les ver? politiques consécutifs sont monomètres, c'est-à-dire isosylhU)iques et homotoniques entre eux, dans la mesure restreinte où ils observent riiomotonie ; les incises des cantiques sont d'une étendue variable, et les rythmes de deux incises consécutives peuvent être très-différents.
4^ Les vers politiques ne sont pas destinés au chant, ni réunis en strophes, et Ton peut ajouter que la monotonie de leur construction est inconciliable avec la poésie lyrique ; au contraire, les correspondancos des incises dans les œuvres des mélodes, existent, en principe, non d'une incise aux incises voisines, mais diin tropaire primitif à tous les autres tropaires : chaque tropaire forme un tout rythmique, distinct pour les paroles des précédents et des suivants, mais identique avec les uns et les autres pour la mélodie : enûn l'ensemble des tropaires constitue un cantique dans le sens étymologique du mot.
50 Historiquement, les vers politiques dérivent véritablement des types de l'ancienne prosodie, soit du tétramètre trochaïquc ou iambique, soit de l'iaxbique trimètre, soit entin du scazon : ils portent la trace de leur ori-ine et gardent exactement l'amplitude syllabique de leur type primitif ; les mélodes, au contraire, ne doivent rien à la poésie classique, et la variété de leurs rythmes vient précisément de ce qu'ils n'ont ni cadres à remplir, ni aucun modèle profane à ménager (1).
A plus forte raison, il est imi)0ssible d'admettre que les hymnograplies aient pris pour modèle de leurs incises toniques la disposition des accents dans tel ou tel vers d'Homère, d'Hésiode, d'Euripide, voire même de Phérécrate (2). On a constaté que le vers initial des Œuvres et Jours, correspond exactement, au point de vue tonique, aux deux premières incises d'une strophe de VOctoeehos. Phérécrate a dit quelque part : "AvBps;, -pizy^-t -bv v^.v, et l'on observe qu'un autre tropaire de VOetoéchos débute syntoniquement : Tbv 7:?:ipvv 'Kovâv. Enfin le mélode Nicolas semble avoir fait composer, exprès pour lui, une édition d'Euripide, afin d'y puiser des hlrmus à sa tantaisie : En déplaçant les vers et les mots, et en dénaturant un peu le sens, il a eni-
(1)W. Christ, Mctrik, p. 373-37G. Cf. II. Stevenson, ./^( Btfth.œ «î«H.v/7/j//>i>iOf/r., p. 42-44. ^ ,.^ , ,
(2) Cette singulière hypothèse est insinuée, sinon ilefendue, dans un gros livre de Constantin Œconomos : Ile pi vvr,S'.a; II psoopa- TYîC 'EX).r,viy.f,; vXtôscrr,; (St-Pôtersbour^s 1833). Cf. Uarticle déjà cité de T. Coupitoris, Bull, Conrsp. Hcllcn., 1878, p. 380. note.
prunté, chose admirable, à un chœur des Troyen^ 7ies (1), le rythme tonique de son chant de Noël :
:Ty.5; tsj 'EîpaOi.
Les rares savants, qui ont du temps à perdre, peuvent seuls remarquer ces merveilleuses coïncidences; mais quand ils multiplieraient à l'infini leurs trouvailles, ils ne seraient jamais en droit de conclure que les mélodes aient eu autant d'esprit qu'eux et autant de loisirs.
RIMES ET ASSONANCES. — M. Stcvensou a fourni de curieux exemples d'assonance, tirés des cantiques des mélodes (2). Nous pourrions en produire à notre t'>ur et en remplir tout un livre ; mais nous croyons plus utile de signaler deux ou trois faits philologiques plus généraux.
1. La rime lyrique était certainement connue des anciens, elle consistait à ramener à des intervalles déterminés, non seulement les mêmes éléments métriques, mais encore les mêmes accents et les mêmes sons. C'est ce que Ton a constaté dans les chœurs de la tragédie athénienne. Toutefois l'assonance ne fut jamais, dans le lyrisme classique, qu'un ornement de luxe. L'ancienne prosodie était en même temps savante et populaire, elle se suffisait à elle-même pour donner aux' vers et aux strophes toute Tharmonie désirable. Interprète reconnu et incontesté de toute poésie, le principe
(1) Les quatre premiers vers, signalés comme consécutifs, sont , avec des changements notables, les vers 513 et 533-535 de l'édition Didot. Nous avons cherché en vain le cinquième àpOî'//;v oâ'l ttcv- T'.sv, qui est resté inconnu en Occident.
(l^) Du Byihiiie dans rUyinnographie, p. 52-58.
quantitatif n'éprouvait nul besoin de recourir à des secours étrangers. Bien plus, Tusag-e trop fréquent de l'assonance aurait passé pour une violation de la pureté du rythme, pour une rupture de son homogénéité et une atteinte à ses traditions. Les conditions de la prosodie nouvelle sont bien ditïérentes. Le mélode ne prétend pas au titre de poète, et cependant il chante ; il écrit en prose et pourtant il observe des lois rythmiques, et les tropaires, qui composent ses cantiques sont, entre eux, aussi rigoureusement semblables par le rythme que les strophes et les antistrophes d'autrefois. Le mélode se trouve donc indépendant, par son humilité mémo, de toute métrique scientifique. Il garde toute liberté de recourir exclusivement aux procédés rythmiques les plus simples et les plus sensibles à l'oreille des peuples. Parmi ces procédés populaires, Tassonance et la rime se présentent au premier rang.
2. Le principe quantitatif s'applique à chaque syllabe en particulier et lui donne une valeur absolue et invariable. Qu'une syllabe soit longue ou brève, sa quantité n'exerce aucune influence sur la quantité des syllabes voisines. Le principe tonique au contraire introduit, dans le langage et dans chaque mot, une sorte de vie de relation. L'accent soulève et attire à lui les syllabes qui précèdent ; il soutient et laisse tomber doucement les syllabes qui suivent. Ce rapport de l'accent avec les désinences est d'autant plus sensible que la syllabe tonique n'est jamais éloignée de plus de deux rangs de la svllabe finale. Ainsi la désinence des mots com-
mence à l'accent même et Vhomotonîe à la fin des incises a pour complément naturel rhomophonie. C'est pourquoi la rime est devenue un élément rythmique dans la plupart des langues, dont la versification était fondée sur l'accent.
3. Dans les nouveaux cantiques, Tessence du rythme consiste seulement dans les correspondances isosyllabiques et homotoniques de l'hirmus aux tropaires et des tropaires entre eux. Si Ton s'en tenait à cette loi fondamentale, les idiomèles et généralement toutes les strophes considérées dans leur isolement, ne présenteraient aucune harmonie sensible. Les mélodes ont donc cherché à établir d'autres correspondances plus immédiates entre les incises d'un même tropaire. Ces correspondances intérieures des strophes peuvent être seulement homotoniques» comme dans les deux premières incises de VAcathistos.
Mais dans d'autres tropaires, elles seront à la fois homotoniques et rimées.
Tsu ::apivTc; atwvcc (1).
A ce point de vue encore, la rime ou l'assonance était le moyen le plus naturel de procurer aux strophes le rythme intérieur qui semblait leur manqucl\
(1) Trop. 13. Anal.i^. 256.
4. I/honiophonie est de deux degrés chez les mélodes : elle peut se restreindre, surtout pour les mots oxytons, à la seule syllabe finale, en dehors même de la consonne d'appui. C'est Tassonance la plus faible, celle qui correspond à notre rime suffisante. Ainsi Tj.z'zi rime avec ^rcXXcf, stcXt, avec «:T:p^of;, i»(J^ï;>i; avec Ta-eivc; (1). Dans les mots qui sont accentués sur la pénultième ou sur Tantépénultième , les mélodes recherchent Thomophonie des syllabes terminales tout entières : gapgapcu répond à^cpgipsj, •Trajcjasa rime avec izx\\i''0'j:sxÇ2). Mais Thomophonio s'étend souvent au-delà de ces étroites limites et remonte jusqu'au dessus de l'accent. On trouve, par exemple, toujours dans le même cantique do Sergius, des rimes de deux et de trois syllabes :
vtxr^TYjpta et£jyapi3TY;p'a(3),0îVy,yj et t:-'.xyj (4\ ijxwpivOr^Tav et
I;i.apiv0r<7av (5), çOcpéa et zzzpii (0). Beaucoup de rimes, sufllsantes, ou même déjà riches pour les yeux, sont encore rehaussées pour l'oreille par Tiotacisme :
iptiT^xx et •;'vû)p'.7[JLa (7) , -u[jLîcovc; et aùov:; {S) z':r^\r^ et
tjXy;, \VOva((ov et àXiéiov (9). — Il faut remaniuer aussi que les hymnographes n'ont jamais connu cette règle de la versification française, qui défend de faire rimer un mot simple avec ses composés, ou
(l)7?)iV7.. p. 257.
un composé avec ses congénères. Les assonances de ce genre sont fort fréquentes dans les cantiques. Nous rencontrons, par exemple, dans l'espace de quelques tropaires , i-avOp(07::v rimant avec ç'Aiv-
Op(o-cv(l), zj\'y,x-x'^xz'.z avec ;jL£Tâ|Sas'; (2) àpyv.'é avec y c-
P'OVs (3). On était alors fort peii préoccupé d'étymologie ; comme d'ailleurs, dans la langue grecque, les mots changent notablement de sens en composition, Tesprit n'était pas choqué par de telles rencontres, et de son côté, l'oreille y gagnait une multitude de riches assonances. C'est la même raison qui permet de ûiire rimer en français des congénères d'une signification fort diff'érente, tels que face et surface. Jour et scjom\
5. L'emploi le plus élémentaire de la rime consiste à ramener la même désinence à la fin de deux vers consécutifs.
y.a* çv TCÎ; cj:av:l; ;x£T:i7.Y;TavT£;, y.x\ 'x T.i^Tf y;;j.(ov a^a'.p:jjj.îv:i (4).
Ces quatre incises (11 \) terminées par une dipodie dactylique, riment ici deux à deux. Mais rien n'empêche que, dans d'autres tropaires, elles finissent toutes quatre sur une seule rime ; nous aurons même une série de cinq vers, les quatre premiers
(4) Cantique funèbre de S. Romanus, p. 44.
de onze syllabes, le dernier de dix, tous homophoniques :
Yjp£;xYîaaT£, OopO^S'J Xû^aTs, (fo^spa topa GUOTnfjaaTS (1).
Cette rime sourde cinq fois répétée réprésente admirablement le deuil silencieux qui entoure un lit de mort. Dans le cantique de S. Romanus sur la trahison de Judas, on trouve, h divers tropaires, des séries d'incises monorimes, semblables aux stances de nos plus anciens poètes (2). On voit aussi, par l'exemple précédent, que rassonajice peut avoir lieu entre des membres imparisyllabiques. Les deux premières incises de chaque tropaire dans une ode de S. Cosmas (3) riment entre elles d\ine manière fort remarquable.
àXk ' cj xaTîa^^éOY;.
'AvY)péOr<; ûcXX ' ci SiifîpsOr^^;
lîpG-:cy.TCvsv àXK ' CJ Oîc-Axivcv.
Ha-'.Xsjîi àXX ' cùy. aîtovi^ît.
(1) Cantique fiindbre d'Anastasc, p. 246 ; à la 4« incise, le card. Pitra écrit pX4-£Xc, mais le texte de Goai^^Xé^axe est beaucoup plus favorable à rassonance, et nous ne croyons pas que les âmllages de temps soient aussi familières à Anastase qu'à Romanus.
(2) Anal., p. 03, trop 4 et t>. cf. Stevenson, 1. c. p. 56.— On pourrait comparer les cinq vers monorimes d'Anastasc et de Sergius avec les strophes delà Vie de S. ^/(U'i6, un des premiers monuments de notre langue. Voir Constans : Chrestomathic de Vtxncieti Français, p. viu et 5.
(3) Triodion, p. 731. Cf. Christ, Anth. p. 198.
Mais riiomotonie des finales est nécessaire, et 8uYaTy;p par exemple ne rime point avec ::aTT;p, ni açvto avec ::cvw.
6. Le plus souvent, les assonances sont croisées comme dans la langue française :
Ttov àv6pti)rcov ppwj'.; •
Xatp^, àpa; Twv -pc^cvcov Xjst; (1).
c Xa[jL'^a;
TCi; 6aj;jLaj'.,
-zzlz ccYi^ast (2).
Le cantique de Sergius est rempli de ces rimes croisées. Tune est ordinairement masculine et Taurtre féminine, comme dans les deux exemples cidessas : dans ie premier cas, c'est un oxyton qui alterne avec un paroxyton, dans le second, Talternance est inverse : la désinence faible ou trochaïque commence, et le dactyle ou crétique tonique vient après. Le commentaire iambique de Manuel Pliilé, dont nous avons parlé déjà, est une merveille d'homotonie et d'assonances. Citons les vers 16 et 17, où les mots se répondent l'un à l'autre comme des échos :
( 12 ô) "ï'^c; cj^avigaTCv àvGpto-cv v|vc'.
(12 & ) BiOc; cj'îHaYvsATCv àv^e/xtov ^itziK (3).
(1) Cantique de la Dormition de la Vierge. Anal. p. 263.
(2) Cantique à S. Grégoire le Thaumaturge, p. &:^.
(3) Man. Philaî Carmina . éd. Emm. Miller, T. II, p. 317. On peut remarquer en passant que ces deux vers sont iambiques par» la quantité et troehaïques par raccent.— M. Stevenson a cité, p. 54 un très-curieux exemple de rimes croisées, tiré de Vidiomèle de • Cassia pour la fête de Noél ; cf. Menées, Décembre XXV, p. 193 et Christ, Anth., p. 108.
On voit que les tendances de la poésie populaire sont partout les mêmes et que les poètes byzantins ne se faisaient pas scrupule de remplacer au second pied les iambes par des pyrrhiques, plutôt que de déranger un accent ou de perdre une riche assonance. <c On ne peut se passer de la rime dans les idiomes dont la prosodie est peu marquée », a dit M'"«de Staël : il en est de même dans les langues dont la prosodie légitime a disparu.