‹ Poètes et névrosésChapitre 116 sur 119 · Collection de M. de Spœlberch de Lovenjoul · texte numérisé non relu

Collection de M. de Spœlberch de Lovenjoul

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Du 22 octobre, à son père ; i Voici une troisième lettre que Je t'écris depuis que je suis ici. On m'a conseillé de ne pas envoyer la seconde, qui" était encore un peu bizarre, du moins aux yeux des docteurs.... Aujourd'hui, je vais très bien, et ce qui le prouve, c"est que je dois dîner aujourd'hui au château avec M. Blanche.... Ma rechute a duré une huitaine de jours, mais je nai pas souffert. M. Blanche a fait faire mon déménagement et je suis dans mes meubles, avec mes livres et mes tableaux.... La prolongation de mon séjour est due surtout à certaines bizarreries qu'on avait cru remarquer dans ma conduite. Fils de maçon et simple loucelcau, je m'amusais à couvrir les murs do figures cabalistiques et à prononcer ou à chanter des choses interdites aux profanes; mais on ignore ici que je suis compagnon-égyptien (refik). Enfin, j'en suis sorti, et je ne souhaite à personne de passer par les mêmes épreuves. Si la vie est un voyage, je demande à voyager quelques jours pour ma santé '. « Il parle ensuite d'une affaire, assez longuement et avec bon sens; mais son papier est orné de signes cabalistiques et de dessins bizarres.

Il se remit à travailler, dans la maison de fous. A Georges Bell : « {Sans date.)... Ne m'abandonnez pas, si longue que soit par ce temps-ci la course de Passy. J'ai à vous parler beaucoup. Ce que j'écris en ce moment tourne trop dans un cercle restreint. Je me nourris de ma propre substance et ne me renouvelle pas. De plus, j'ai de l'inquiétude quant au placement de la copie. Venez donc bien vite*. »

Ce sang-lVoid et celte lucidité ont invariablement leur contrepartie dans les ténèbres et les orages de

i. La Presse, 22 septembre 1862.

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