‹ Poètes et névrosésChapitre 97 sur 119 · Tliéopliile Gautier, Notice · texte numérisé non relu

Tliéopliile Gautier, Notice

mait au point d'avoir publié une sorte d'anthologie * intitulée Couronne poôtique de Béranger (1829), et accompagnée d'une Ode à Béranger où il traitait celui-ci de « divin ». Ce n'était pas l'acte, ce n'étaient pas les goûts et les idées d'un romantique, et les cénacles auraient eu le droit de lui faire grise mine, lorsqu'il se réfugia sous leur aile en quittant le foyer paternel. Les cénacles, au contraire, fêtèrent le prôneur de Béranger, parce qu'il n'existait pas dans le monde des lettres un être assez méchant pour faire de la peine au i bon Gérard », ainsi qu'ils l'appelaient. — « Dans tout ce Paris littéraire, où il est si difficile de poser le pied, Gérard ne trouvait que sourires amicaux et bonnes paroles. Confrères parvenus, confrères à parvenir, écrivains romantiques, classiques, réalistes, poètes, prosateurs, romanciers, auteurs dramatiques, vaudevillistes et journalistes, tous (lui) montraient une de ces bienveillances si peu communes dans le monde littéraire -. » Quoi qu'il pût faire, dire et penser, il était tt le bon Gérard », à qui Ton passait plus encore qu'à Victor Hugo, puisqu'on lui passait tout.

Il avait accordé aux manies romantiques de ne plus s'appeler Labrunie. Le nom qu'il adopta, Nerval, était celui d'un petit champ ^ qui lui appartenait et que son imagination avait transformé en débris d'un fiel ayant appartenu jadis à ses ancêtres. Ce fut sa seule concession aux modes du jour. Il comptait sur la fan-

1. Ce fut, pour Gérard de Nerval, la période des anthologies. En 1830, il publia des Poésies allemandes, traduites par lui, cl un Choix de poésies de lîonsard, Du Bellay, etc., avec introduction.

Page 1