‹ Poètes et névrosésChapitre 108 sur 123 · VArliste, 13 juillet IS-'to · texte numérisé non relu

VArliste, 13 juillet IS-'to

(JÉIIAKD DE NERVAL. 310

11 ii'allail pas jusqu'à trouver du génie à Scrilic; mais il écrivait, à propos de la pénurie d'auteurs comiques : € Bertrand et Hdton, et peut-être la Camaraderie, sont encore ce que nous avons de mieux depuis Beaumarchais * ». Il parlait sans respect du drame romantique et en sonnait déjà le glas il y a plus d'un demi-siècle. Latourde Saint-Ybars venait de donner sa Virijinie à la Comédie-Frantjaise. Gérard de Nerval fut de l'avis du |)ublic, qui avait trouvé la pièce mauvaise; mais il n'en dissimula point son regret : « Nous voudrions de tout notre cœur, disait-il, admirer ce qu'on nous présente comme une restauration de la tragédie après les saturnales du drame, et nous admettons volontiers qu'on soit aujourd'hui fatigué du moyen âge et de l'histoire moderne, comme on l'était il y a quinze ans (l(;s Grecs et des Romains -.

Les articles de fantaisie sont très supérieurs aux articles de critique. Quelques-uns ^ sont exquis, et ont pu être rapprochés des Rêveries du Promeneur solitaire sans être trop écrasés sous la comparaison. Tous émanent du Gérard de Nerval poète et bohème, et sont remplis de lui, et de ce que le « frère mystique » lui chuchotait à l'oreille pendant leurs courses solitaires. Ils nous disent à bâtons rompus, dans un désordre où s'enchevêtrent la poésie et la vérité — comme elles s'entremêlaient dans l'esprit de l'auteur, — le conte bleu que fut sa propre existence, et le seul qu'il ait jamais su inventer. En effet, ses œuvres nous

1. La Presse, 10 août 1845. Gérard de Nerval faisait le feuilleton dramatique à la Presse pendant les absences du titulaire, Théophile Gautier.

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