DERNIER EPI
Jadis, quand moissonnaient les riches laboureurs, Ils laissaient, en liant les gerbes dans la plaine, Tomber quelques épis, maigre et chétive aubaine, Que venaient ramasser, dos courbé, les glaneurs.
Aujourd'hui, du regard suivant ses travailleurs, Le maître n'entend pas qu'un épi tombé traîne ; Il veut être payé de ses frais, de sa peine : Les temps sont durs, plus durs encore sont les ccei
Chétif est mon domaine, et ma moisson chétive : Pourtant dans mes sillons ma main inattentive Avait encor laissé quelques épis perdus.
Pauvre et vieux, je reviens, glanant ma propre ter De nouvelle moisson, mon champ n'en produit pi Et je mets à tes pieds ma gerbe, la dernière i