‹ Poids du Fetus et Celui du Placenta: Documents pour Servir à l'Histoire des Rapports Existants entre le Poids du Fetus et Celui du PlacentaChapitre 5 sur 21 · IV. — Résultats de la statistique · texte numérisé non relu

IV. — Résultats de la statistique

a) Moyenne des rapports entre le poids du fœtus et le poids du placenta pour le gros œufet pour le gros enfant.

b) Pronostic que l’on peut tirer pour l'enfant du fait que l'on a affaire à un gros œuf ou à un gros enfant.

c) Dans chaque série quel est le nombre de placentas qui pèsent de 400 gr, à 500 gr., de 500 gr. à 600 gr. etc. en rappelant ce qui a été dit déjà à ce sujet.

Les résultats de cette statistique sont assez éloquents par eux-mêmes pour pouvoir, à la rigueur, se passer de tout commentaire.

Nous nous contentons donc de résumer sous une forme succincte les enseignements qu'ils renferment et un coup d'œil d'ensemble permettra d'en apprécier toute l'étendue dans nos conclusions.

Historique.

En 1861, Millet (1) dans sa thèse inaugurale rechercha, dañs dix-sept cas pris au hasard, s’il y avait un rapport constant entre le poids du fœtus et du placenta : de l’exa- ‘men de ces chiffres entre eux, dit cet auteur, je serais plus que tenté de répondre par l’affirmative à la question que je viens de me poser.

Quelques auteurs avaient déjà cité ce mème fait qu'il cherchait à faire ressortir.

Ainsi la 10° observation de Brachet (de Lyon) a pour but de démontrer que le volume du fœtus est toujours en rapport avec celui du placenta.

Le D: William Read, dans The American journal of the medical Sciences (avril 1858), cherche à établir le même fait.

Mais d’un autre côté d’autres observateurs et entre autres le professeur Carpenter et Lobstein soutiennent que le développement du placenta n’a aucune relation avec celui de l'enfant.

En 1868, Bustamente (2) dit que rien n’est plus variable que les dimensions et le poids du placenta. Etplus loin,

(4) Mirzer, Thèse de Paris, 1861.

* (2) Busramenre, Thèse de Paris, 1868,

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parlant des rapports des poids des fœtus à ceux des placentas, il conclut en disant: « Quand l’enfant est à terme il existe un rapport, entre son poidset celui du placenta, mais ce rapport n’est pas constant. »

Ceci est en concordance avec l'opinion émise par Joulin (1): « On observe assez souvent, dit-il, que levolume du placenta est en rapport avec celui du fœtus.

Hecker a publié un tableau de l'accroissement du fœtus et de ses annexes qui a été reproduit dans un article publié par M. le professeur Pinard (2).

Mois Poids moyen du fœtus Poids moyen du placenta RÉ et RE Te 11 36 AR UE OLIS RENE 57 80 ATEN € less 284 178 (RAR NEUTRE RIRE 634 273 f PRET PER EN ET DS 1218 374 De NT SU EE 1569 40: 431 GES en ee AUS 1971 461 IOSSE Pere ve 2334 481

Mais il faut remarquer que, dans ce tableau, ce que Hecker compte pour un mois n’est qu’une période de 28 jours et que les poids sont ceux du commencement du mois.

En 1891 ,paraît la thèse de Zentler (3) dans laquelle l’auteur conclut que lorsqu'aucune cause pathologique n’a entravé le développement du placenta ou du fœtus, il existe un rapport plus ou moins variable mais constant entre le poids du fœtus et le poids du placenta à terme.

(4) Jouzin, Traité d’accouchements, 1866.

(2) Pinarn, article Fœtus du Dict. encyclopédique des sciences médicales. (3) Zenrcer, Thèse de Paris, 1891.

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Peu après Correa Diaz (1), sur le conseil de M. le professeur Pinard, chercha à établir les rapports qui existent entre les poids du fœtus et du placenta dans la syphilis. Il trouve que le poids du placenta syphilitique représente un quart du poids d’un fœtus syphilitique à terme et 1/3,5 du poids d’un fœtus âgé de 7 mois à 8 mois 1/2. Deux ans plus tard,Bridier (2) étudia le rapport qu'il y a entre le poids du fœtus et celui du placenta dans l’albuminurie et dans la syphilis.

Rappelant Le travail de Zentler, il trouve qu’à l’état normal le placenta pèse un sixième du poids du fœtus. Chezlesalbuminuriques avec lésions placentaires,1/5,8 du poids du fœtus et chez lesalbuminuriques sanslésions placentaires, 1/6,2 du poids du fœtus.

L’albuminurie, dit-il, entraîne un développement moindre de l'œuf caractérisé surtout par une diminution du poids du fœtus, diminution en rapport avec les lésions placentaires et absolument sous leur dépendance.

Cette diminution de poids du fœtus a comme conséquence,une augmentation du poids relatif, mais du poids relatif seulement, le poids absolu se trouvant diminué.

Le poids du placenta syphilitique présente une augmentation de son poids absolu.

M. Lepage a comparé les poids des placentas, pour les fœtus morts pendant la grossesse, et a montré que proportionnellement, le poids du placenta des fœtus tués par

(1) Correa Diaz, Thèse de Paris, 1891.

(2) Brinier, Thèse de Paris, 1893.

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la syphilis était environ d’un quart plus élevé que celui des fœtus tués par toute autre cause.

Schwab (1) dans sa thèse de 1894 dit :

La syphilis, quand elle est active et qu’elle se transmet au fœtus pendant la vie intra-utérine,produit dans le placenta des lésions constantes et caractéristiques.

On est donc en droit de décrire un véritable placenta syphilitique qui présente des caractères spéciaux reconnaissables surlout au microscope.

A l'œil nu le placenta syphilitique peut être reconnaissable par l'hypertrophie souvent considérable qu’il présente :

Alors que le placenta normal représente 1/6 du poids du fœtus,le placenta syphilitique représente comme poids: le 1/4 du poids du fœtus syphilitique à terme et 1/3,5 du poids d’un fœtus âgé de 7 à 8 mois 1/2.

Le placenta syphilitique est de plus pâle, œdémateux, parfois mou etfriable, parfois dense et ferme.

Les caractères précédents peuvent faire soupçonner la syphilis et ne sauraient la faire affirmer.

Dans la leçon qu'il a faite à l'hôpital St-Louis dans le service du professeur Fournier et qui est publiée dans la Revue pratique d'obstétrique et de pédiatrie, M. Wallich (2) rappelle les résultats de Bridier et Correa Diaz. Alors qu’à l'état normal le placenta pèse environ 1/6 du poids du fœtus, dans la syphilis il pèse à terme 1/4,5, à 8 mois 1/3,8, à 7 mois 1/3.

(41) Scawas, Thèse de Paris, 1894.

(2) Wazricx, Du placenta syphilitique in Revue d'obst. et de pédiatrie, février 1898.

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Alors que dans l’albuminurie avec lésions placentaires le placenta profondément altéré représente 1/5 du poids du fœtus au lieu de 1/8 comme dans la syphilis et 1/6 comme à l’état normal.

L'examen de ces gros caractères physiques, dit-il, volume, poids du placenta par rapport au poids du fœtus, a son importance. Mais, personne si ce n’est celui qui me l’a enseigné, M. Pinard, personne n’a mis comme lui ce signe à la place qu’il mérite.

Frænkel et les autres auteurs en ont parlé, mais peutêtre ne l'ont-ils pas mis suffisamment en évidence.

Le placenta syphilitique d'après M. Pinard « est hypertrophié, volumineux, d'aspect blanchâtre, mou et friable ; la pression des doigts y laisse des dépressions, de vrais trous, ou se réduit en fragments ».

« Son aspect rappelle celui du hachis de porc ; les cotylédons y sont séparés par de profonds sillons, mais il n'y a pas de gommes. »

Il est beaucoup plus lourd que le placenta non syphilitique.

Quand le médecin se trouvera en présence d’un placenta présentant l'aspect énoncé plus haut et d’un poids audessus de la normale, il devra se demander quelle conduite tenir au point de vue de la mère et à celui de l’enfant.

Et plus loin, M. Wallich dit:

L'enfant syphilitique à sa naissance présente les proportions et la taille de son âge, même s'il naît mort et

macéré.

S'il uaît vivant et à terme, le plus souvent grâce au trai-

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tement de la mère et en dehors de tout traitement, le fœtus est bien développé, c’est un bel enfant; rien ne permet de prévoir qu’il va succomber peut-être subitement, sans raisons anatomiques connues, dans les premiers Jours qui suivront sa naissance ou bien quinze jours, trois semaines plus tard, cet enfant va montrer des accidents secondaires, va cesser d'augmenter, va diminuer, maigrir,

se rider, prendre alors l’aspect d’un petit vieux.

Mais il ne présente pas cet aspect à la naissance, la disproportion entre le poids du fœtus et Le poids du placenta tient à l’augmentation de cet organe et non à la diminution du fœtus.

Le nouveau-né syphilitique paraît tirer beaucoup plus de son propre empoisonnement que des lésions de son placenta, ce qui a été si bien nommé son inaptitude à la vie.

Telles sont,mises au point,les données fournies par les travaux antérieurs anciens et récents sur cette question.

Les auteurs ont passé en revue le rapport du poids du placenta au poids du fœtus dans la grossesse normale, dans la syphilis, dans l’albuminurie.

Nous allons maintenant définir ce qu'il faut entendre par ces Lermes Gros Œuf, Gros Enfant.

Du gros enfant et du gros œuf.

Que faut-il entendre par gros enfant ?

Velpeau dit dans l'édition de 1835 de son Traité de l'art des accouchements que le poids du fœtus à terme est habituellement de 6 livres, souvent 6 livres et demie, rarement de neuf à dix.

Dubois (1) dans sa thèse sur le gros enfant ne s'occupe que de ceux qui ont un poids supérieur à 4900.

Nous avons pris pour faire notre étude le poids de 4000 comme base et nous avons recherché dans les archives de la clinique Baudelocque les observations des enfants qui pesaient quatre kilos et au-dessus.

Mais d’abord rappelons en quelques lignes les causes étiologiques auxquelles d’après cet auteur, on peut attribuer le développement excessif des fœtus.

Ce sont:

1° L'âge de la mère (l’âge le plus favorable étant entre 25 et 35 ans).

20 L'époque de l’établissement de la menstruation.

Le fœtus a d’autant plus de chances d’être volumineux qu’il s’est écoulé un temps plus considérable entre la première apparition des règles et la conception ; cette cause

(1) Henri Dupors, Thèse de Paris, 1897.

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