‹ Poids du Fetus et Celui du Placenta: Documents pour Servir à l'Histoire des Rapports Existants entre le Poids du Fetus et Celui du PlacentaChapitre 7 sur 21 · PU A · texte numérisé non relu

PU A

Celles qui paraissent démontrées par la clinique sont :

1° La syphilis atténuée par l’âge ou par le traitement ;

2° Et, à un moindre degré, le développement individuel des parents. |

Ce rôle dela syphilis atténuée est incontestable ; nous y reviendrons d’ailleurs dans un instant.

Quant au développement individuel des parents il n’a pas jusqu'ici retenu l'attention des auteurs et dans les travaux antérieurs, c'est à peine si à titre de document Dubois cite le fait suivant qui nous éclaire quelque peu sur l’hérédité physiologique.

. [s’agit d’un individu de haute taille (2 mètres 6 centimètres) nommé Lépi ; ce géant s’exhibait dans les fêtes publiques.

Il épousa une femme de taille moyenne dont il eut deux enfants. L’aînée, une fille, pesait 8 kilogrammes, le cadet, un garçon pesait 9 kilogrammes.

Six ans après leur naissance, dit Dubois, les deux enfants étaient encore vivants.

Nous avons recherché, dans les observations de gros œufs que nous publions, les renseignements relatifs au développement individuel des parents.

Ils sont malheureusement fort rares et nous n'avons guère trouvé que l'observation suivante que nous allons résumer.

Cette observation porte le n° 2054 de l’année 1899, et porte en manchette :

Hydropisie de l'amnios (6750 gr. de liquide recueilli). Version par manœuvres internes. Délivrance arüficielle. Enfant mort de 4270 grammes.

Placenta 1320 grammes.

Dans les antécédents héréditaires et personnels de cette :

femme on ne note rien de particulier.

Mais le père, bien portant, exerçait la profession de lutteur et pesait 212 livres.

Cette femme avait expulsé deux fois déjà des produits de conception.

La première fois (24 décembre 1893), chez une sagefemme de l'hôpital Necker, une fille née par le sommet, spontanément et à terme, nourrie au sein maternel pendant deux ans, morte à cet âge de méningite?

Une deuxième fois, le 24 juillet 1898, chez une sagefemme de l’hôpital Necker, à 8 mois un garçon se présentant par le siège, mort-né.

Le père était le même pour les trois grossesses.

En ce qui est de la syphilis, la clinique nous instruit.

Nous savons que telle femme svphilitique ou dont le mari aura été syphilitique (l'hérédité syphilitique peut provenir de la mère seule, du père seul ou être mixte).

Telle femme qui aura fait successivement plusieurs avortements ou aura expulsé des produits de conception morts ou macérés pourra, si elle est soumise au traitement pendant ses grossesses suivantes,arriver à aller jusqu'à terme et avoir des enfants vivants.

Ces faits sont démontrés par les observations publiées dans la thèse de Laporte (1).

On peut même suivre dans une série de grossesses l’influence progressive du traitement.

(1) Laporre Thèse de Paris, 1897 (obs. XIII).

rot

Chaque grossesse se poursuit de plus en plus longue et après une série de grossesses malheureuses, des enfants naissent d’abord avec tous les caractères du gros œuf,puis bien portants.

Deux facteurs interviennent donc dans ce cas :

1° Le traitement ;

2° Le temps.

Et nous ne saurions faire mieux que de rappeler ce que dit M.le professeur Pinard dans une de ses leçons sur l’hérédo-syphilis (1).

« ILest d’une nécessité absolue de traiter tous les syphilitiques capables de procréer. Malheureusement étant donné l'état barbare de notre société, étant donné que cette chose qui dominela vie de l’homme et de la femme: l'enfant, est neuf cent quatre-vingt dix-neuf fois sur mille l'effet du hasard, cette assertion n’a pas actuellement l'importance qu’elle devrait avoir. »

Comment faut-il agir en face de cas semblables :

Si le père est syphilitique :

Pendant six mois pas de procréation et un traitement composé de deux cuillerées à soupe par jour de la solution d'iodhydrargyrate de potasse ainsi formulée :

lodure de potassium +. . . . .' 10gr.

Biiodure de mercure. . . . . . dix centigr.

UN Te ei eee NRA OU OT:

Pau distillée de menthe 2,750 gr.

Si la mère est syphilitique, ou qu’elle a engendré du fait d’un syphilitique,elle doit être soumise au traitement.

(1) Revue pratique d'Obst. et de Pédiatrie, décembre 1899.

Elle prendra chaque jour une cuillerée à soupe, au milieu du déjeuner et du diner, de cette même solution.

Et l’on ne sera pas étonné de voir maître le gros œuf. Nous savons maintenant ce que sont le gros œuf et le gros enfant, nous connaissons leur étiologie, nous allons maintenant établir leur fréquence par rapport au nombre des accouchements qui se sont produits à la clinique Baudelocque pendant ces quatre dernières années.

Les éléments de cette statistique et les conclusions qui en découlent sont contenus dans les tableaux qui suivent. |

NUMÉRO

de l'observation.

DATE

6 janvier 1896.

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