‹ PoissonsChapitre 7 sur 43 · C.|£ MISSION Dl i.KP · texte numérisé non relu

C.|£ MISSION Dl i.KP

facile à interpréter; chose d'autant plus fâcheuse que, dans les descriptions données par M. Gùnther, il est écrit en italiques pour indiquer son importance comme caractère différentiel. Je ferai remarquer aussi que, les exemplaires examinés, un pour chaque espèce, étant des animaux secs, la forme des valvules nasales a pu être singulièrement altérée; au moins sur les spécimens, rapportés par la Mission du cap Horn, observe-t-on une grande différence sous ce rapport entre les animaux en peau et ceux conservés dans la liqueur.

Pour la constitution des dents à la mâchoire inférieure, on trouve de très grandes variations suivant la taille et peut-être le sexe. Sur les grands exemplaires, tous mâles, elles sont plutôt longues, grandes, avec des pointes latérales nulles ou peu développées, excepté les médianes, qui sont plus petites et nettement tricuspides. Pour les individus moins grands, tous femelles, ces mêmes dents sont nettement tricuspides sur toute retendue de la mandibule. Un individu d'assez grande taille, en si mauvais état que le sexe n'a pu être déterminé, et dont les dents détachées des cartilages ont été recueillies sans qu'il fût possible de reconnaître le point précis des mâchoires sur lequel chacune d'elles était placée, présente ces organes (') ayant de ehaque côté une forte dentelure et des sortes de festons à la partie hasilaire échancrée. Nos exemplaires se rapprocheraient donc plutôt sous ce rapport du Scjllium bivium Smith.

La même remarque s'applique â. la disposition des sclérites, qu'on ne trouve pas sur nos exemplaires plus développés à la partie dorsale. Ils sont pédoncules; la lamelle présente une faible carène médiane se prolongeant en pointe en arrière.

La seconde dorsale est â très peu près égale à la première et la base de l'anale est sensiblement plus grande que la moitié de la distance qui la sépare elle-même de la caudale, chez les mâles au moins, car chez les femelles elle est presque égale à cette même dimension. Les mesures sont données d'après les individus conservés dans l'alcool; pour les individus en peau, par suite de la rétraction inégale des tissus, les résultats de l'examen sont contradictoires.

(') w. i,fy. i*.

Quant à la disposition des taches, elle est conforme à la description donnée, pour le Scyllium chilense Guich., par M. Gùnther, ou à celle donnée par MM. Muller et Henle pour le Scyllium bivium Smith, ces deux espèces ne paraissant pas différer sous ce rapport. D'après les maquettes coloriées, prises sur le frais, la teinte du fond est gris-souris aux parties supérieures, pâle lavé de rose, surtout pour les nageoires, aux parties inférieures; iris doré, pupille en fente verticale, noire.

C'est en résumé au Scyllium chilense Guich. que doivent être, je crois, rapportés ces animaux, et les quelques caractères mixtes qu'ils présentent peuvent faire penser que le Scyllium bivium Smith n'est pas une espèce distincte. Des réserves doivent cependant être faites, jusqu'à ce qu'on ait pu comparer les exemplaires types.

Les œufs (•) rappellent beaucoup par leur forme et leurs dimensions ceux des Roussettes de nos côtes : les stries des bords sont peu marquées. D'ailleurs ceux que j'ai pu examiner n'ont peut-être pas revêtu tous leurs caractères, car ils ont dû être pris dans l'oviducte : on peut le présumer, du moins, d'après l'état encore filamenteux des prolongements filiformes, attachés vers les coins postérieurs répondant à l'orifice de sortie du petit.

Le Scyllium chilense Guich. est commun dans ces régions; une douzaine d'individus, dont dix en parfait état (sept dan» l'alcool), ont été rapportés. Leur taille varie de o m ,5o à o m ,75; les plus petits exemplaires, on l'a vu, sont tous des femelles.

Baie Orange.

Nom fuégien : Kayachaï ou Kayaciiaya.

Page 1