LU PÉTARD MICHELET
vieux danseur de la danse Saint-Guy des idées, cette vieille Bayadère détraquée ne nous a point amusés, dans cette semaine de fêtes publiques, et plus, avec sa lettre, que tous les polichinelles, les baladins et les saltimbanques des baraques du Champ-de-Mars ou des Champs-Elysées, pardieu ! vous vous tromperiez bien... Nous aimons à voir la révolution produire de ces désordres dans des têtes qu'on croyait solides, — dans des tètes qui semblaient des boulets contre nous, et qui n'étaient que des vessies, dont l'air s'en va par une fissure et fait en s'en allant ce ridicule bruit. , , de pétard !
Ah ! les lettres, c'est le mot de la fin pour tous. Le mot de leur fin ! Ils ne sont pas épistoliers, tous ces grands écrivains révolutionnaires. Ils font des histoires, des drames, des romans, mais à la lettre, ils ratent ! Ils ont du talent avant la lettre, mais après la lettre ! mais pendant la lettre ! Et ils ont tous la manie des lettres! Ils en décochent! Ils en envoient! Ils en font pleuvoir ! Victor Hugo n'en a-t-il pas la plus furieuse incontinence?... Il faudrait le bonder
comme le tonneau des Danaïdes, pour qu'il n'en répandît plus ! M. Michelet s'y met aujourd'hui, et, du premier coup, il est aussi effaré qu'Hugo, aussi prophète et aussi... plat; car Huero, cet homme de toutes les immensités, a souvent, tout près de la bosse du gonflement, l'immensité de la platitude. Michelet, comme lui, réunit aujourd'hui ces contrastes. C'est Isaïe et c'est l'avocat Gagne.
Oui ! l'Isaïe-Gagne de la Révolution.
Il aurait mieux fait de respecter sa vieillesse et de rester tranquille. Et même le grand Victor aussi. Tous ces petits papiers qu'ils sèment partout et que Rabelais appellerait d'un nom trop énergique pour nous, ils feraient bien de les garder dans leurs poches pour d'autres besoins que pour ceux de leurs situations politiques. Le vieil Alexandre Dumas a plus de sens qu'eux. Il écrit moins de lettres. C'est encore lui, le croirait-on ? qui est le plus sage. Il a une façon, lui, de se mettre en évidence, qui vaut bien mieux que toutes ces pétarades épistolaires. Un jour, ou plutôt pendant plusieurs jours, on le vit éta-