‹ Polichinelle (de Guignol) précédé d'une étudeChapitre 5 sur 28 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

POLICHINELLE, SCARA- MOUCHE

scARAMorciiE, cirec un bâton à la main.

Ah ça ! monsieur Polichinelle, qu'est-ce que vous avez donc fait à mon pauvre chien ?

POLICHINELLE 5^ sauve A gauche, hors de la scène, et de là examine le hàion avec inquiétude.

Ah, mon bon ami ! comment vous portez-vous ? je suis charmé de voir que vous avez si bonne mine. (A part.) Je voudrais bien que vous fussiez au diable avec votre grand vilain bâton.

SCARAMOUCHE

Vous avez battu et maltraité mon pauvre chien, monsieur Polichinelle I

Il a mordu et maltraité mon pauvre nez, monsieur Scaramouche 1 Mais qu'est-ce que vous avez donc là monsieur ?

SCARAMOUCHE , Où ?

Dans votre main?

SCARAMOUCHE

Un violon.

Un violon ! Ah quelle jolie chose qu'un violon I Savez-vous jouer du violon, monsieur Scaramouche ?

SCARAMOUCHE

Approchez, je vais essayer.

Non, je vous remercie, j'entendrai parfaitement bien d'ici.

SCARAMOUCHE

Alors, essayez vous-même. Eu jouez-vous ?

POLICHINELLE, s' approchant.

Je n'en sais rien, je n'ai jamais essayé. Laissez-moi voir.

Il prend le hàton, le fait tourner autour de sa lêle, en chantant Vair de la Marseillaise, et donne comme par hasard, un léger coup sur le long bonnet de Scaramouche).

SCARAMOUCHE

Vous jouez très bien, monsieur Polichinelle ; maintenant, à mon tour, je vais vous montrer ce que je sais faire, ill prend le bâton, danse sur le même air, et donne à Polichinelle un grand coup sur le derrière de la tête.) Voilà une musique qui doit vous sembler agréable.

Je n'aime pas autant votre manière de jouer que la mienne. Tenez, laissez-moi recommencer. (// prend le bâton, et danse comme auparavant ; tout en dansant il se faufile derrière Scaramouche et d'un coup violent lui enlève la tête de dessus les épaules.) I']h bien ! comment trouvez-vous cet air, mon bon ami ?

Voilà une musique qui doit vous sembler agréable, hein ? Ah ! Ah !

(// rit et jette son bâton.) Vous n'entendrez pa-^ d'autre musique de votre

vie, mon garçon. (Il se met à chanter et à danser sur Vair de Malbrongh.)

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