VIII INTRODUCTION
Un peu plus tard, par un décret en date du 29 décembre 1909, M. Millerand apportait également au Comité de l'exploitation technique des chemins de fer de profondes modifications. On n'ignore pas que cet important organe consultatif a pour mission de se prononcer sur toutes les inventions intéressant les chemins de fer. Il est en outre chargé d'étudier les causes des accidents et d'en déduire les remèdes propres à les prévenir; enfin, il est saisi de tous les règlements généraux et spéciaux de l'exploitation. Bref, sa lâche est considérable et intéresse au plus haut point la sécurité publique. Il convenait donc d'accroître la portée pratique de ses études en appelant à participer à ses travaux, à côté de fonctionnaires nécessairement techniciens, des hommes à qui l'expérience journalière de l'exploitation des chemins de fer fournît la matière d'"observations pratiques. C'est ce que fit M. Millerand en faisant paraître un décret qui réduit, d'une part, le nombre des fonctionnaires délégués au Comité, et, d'autre part, y introduit six représentants des grandes Compagnies, et six agents, employés ou ouvriers des chemins de fer.
Dans le même ordre d'idées, M. Millerand devait aussiremanier et réorganiser le Comité
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consultatif des chemins de fer. Un décret, en date du 31 mai 1910, y appelait, avec voix consultative les directeurs des grands réseaux. On allait pouvoir de la sorte discuter directement avec les intéressés ces questions de tarifs dont les homologations faisaient auparavant l'objet d'interminables échanges de correspondances.
Bien d'autres mesures d'ailleurs allaient être prises par M. Millerand, dans les Travaux publics et les Postes, qui toutes étaient inspirées par le souci de la meilleure utilisation des intelligences et des capacités. Une collaboration régulière et réfléchie des techniciens et des ouvriers, l'autonomie nécessaire assurée aux grands services administratifs, un contact permanent entre tous ceux, à quelque degré qu'ils se trouvent, qui sont les artisans d'une même œuvre, et, comme fin, le soin constant de l'intérêt général, voilà les principes qui ont orienté l'action de iM. Millerand, et sur lesquels il a voulu organiser les travaux du Ministère qui lui était confié.
A tous ses collaborateurs, grands et petits, M. Millerand avait tenu d'ailleurs à faire connaître dès son arrivée au Ministère, les grandes hgnes du contrat moral qu'il leur proposait. Les 30 juillet 1909, quelques jours
X INTHODUCTION
après la constilution du Cabinet, M. Millerand recevait au Ministère le personnel de son administration. Il y avait là, à côté du corps illuslre des Ponts et Chaussées et des Mines, des membres des grands Comités techniques, des délégués, particulièrement nombreux, de toutes les catégories du personnel postal, et notamment du Syndicat national des ouvriers des lignes, dont M. Millerand avait, dix ans plus tôt, au Ministère du Commerce, favorisé la création. En termes précis, le Ministre des Travaux publics indiqua comment, avec la ■collaboration de tous, il entendait faire œuvre féconde. En même temps qu'il assurait tous ceux qui Técoutaient de ses sentiments de bienveillance et de justice à leur égard, il leur demandait le dévouement le plus absolu à l'intérêt général, à l'intérêt du public, « notre maître à tous ». 11 les invitait à tout faire pour assurer aux services d'Etat un fonctionnement irréprochable, en même temps qu'il les confirmait dans cette certitude que nul plus que lui ne défendrait, en retour, leurs intérêts professionnels. C'est par cet appel à une loyale entente et à une mutuelle confiance en vue du bien public que M. Millerand tint à inaugurer les travaux de son ministère.
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