‹ Politique de réalisations [par] A. MillerandChapitre 50 sur 73 · ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU TOURING-CLUB · texte numérisé non relu

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU TOURING-CLUB

M. MiHeiancI, qui a eu la bonne fortune de pouvoir créer l'Office du Tourisme et qui n'est demeuré étranger à aucune des questions soulevées par la pratique des sports (;t du tourisme, avait tenu à présider, le 5 décembre 190'.), i'assemhiée générale du Touring-Club. Il est d'ailleurs l'un des membres les plus anciens de cette grande association, et ie président, M. A. Ballif, ne manquait pas de l'en faire souvenir, en lui rappelant qu'il était inscrit sous le ruiméro 10535. A ce discours, M. Millerand répondit dans les termes ({ue voici :

Messieurs,

Le numéro 10o35 est très heureux que les hasards de la politique lui donnent, celte année, le plaJHir et Fiionneur de présider votre assemblée générale et d'apporter, ainsi, à une association dont — M. le Président Ta, tout à l'heure, rappelé — je suis 1 un des « anciens », les remerciements et les félicitations qui vous sont si largement dus.

La présence, à celte assemblée générale, de M. le représentant du Président de la Repu-

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bliquo, qui voudra bien reporter à M. Armand Fallières l'hommage de nos respects et de nos remerciements [applaudissements), et aussi des représentants de mes collègues qui ont tenu à vous donner une marque effective de leur gratitude et de leur sympathie, est une preuve de plus que les Pouvoirs publics ne se désintéressent pas de voire prospérité.

Et comment, messieurs, le pourraient-ils faire? Que.de services, vous rendez, chaque jour, à notre pays ! le premier de tous et le plus ancien, — celui qui remonte au jour même de votre fondation — est d'avoir développé, dans tous les milieux, le goût et l'habitude des sports et d'avoir ainsi servi cette cause nationale par excellence qui est Vamélioraiioa de la race.

La pratique modérée des sports est, en effet, une école admirable d'endurance, de sang-froid et d'initiative ; elle fait des hommes et des femmes bien équilibrés, au moral comme au physique ; elle rend aussi au pays le plus grand et le plus précieux service.

Mais — votre Président le rappelait, tout à l'heure — vous n'encouragez pas les sports seulement en vous plaçant au point de vue de la distraction et de l'agrément. Vous envisagez un autre point de vue, le plus strictement et le plus immédiatement utile; j'en ai eu, ces vacances mômes, un exemple personnel. J'étais allé, par le devoir de ma fonction, visiter la région qu'un

de mes collègues de la Chambre a appelée les Pyrénées inconnues, une de ces admirables parties de la France qui sont, en elFet, trop peu connues encore, — la Gerdagne. Et je visitais ce bijou qui s'appelle Montlouis, lorsque du très humble bureau de poste de la petite ville sortit le receveur des postes qui vint me faire cette | confidence : « Monsieur le ministre, j'ai reçu du « Touring-Glub, l'hiver dernier, trois paires de « skis pour mes facteurs, mais j'en aurais besoin « encore de quelques paires. Est-ce que vous ne « pourriez pas les demander pour moi au Tou- « ring-Club ? » [Rires.) Je n'ai pas manqué, messieurs, à mon retour à Paris, de me faire l'interprète de ce vœu et je n'ai pas besoin de vous dire que votre aimable Président m'a immédiatement donné satisfaction.

Ainsi vous êtes — et depuis longtemps — les auxiliaires particulièrement utiles du ministre des Postes ; vous l'êtes, plus encore du ministre' des Travaux publics. Je n'en veux pour preuve que le sacrifice que vous vous êtes imposé pour cette admirable Route des Alpes qui va être un des joyaux de notre pays et pour la construction de laquelle, département, Etat, Touring-Club associent (en France!) leurs efforts. [Applaudissements prolongés. )

Ce que je puis vous promettre, c'est qu'à votre initiative, à votre concours, le ministre des Travaux publics répondra par la hâte la plus dili-

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