LETTRE DE DÉMISSION DE M. WALDECK-ROUSSEAU
« tenir qu'un Gouvernement décidé à défendre avec « énergie les institutions républicaines et à assurer Tor- « dre public, a nettement défini la tâche qui s'impose « au nouveau Cabinet. »
« M. Waldeck-Rousseau terminait ainsi sa déclaration :
« Si nos efforts ne sont pas stériles, la République « reprendra bientôt son œuvre de progrès économique « et social; et nous croirons avoir rempli notre devoir « si nous avons de nouveau ouvert la voie à une politique « faite, à l'exclusion de tout ce qui a divisé les républi- « cains, de tout ce qui peut les unir. »
« Ce programme si nettement délimité, M. Waldeck- Rousseau considère qu'il l'a exactement réalisé et que sa tâche est aujourd'hui terminée.
« L'œuvre de défense républicaine à laquelle il s'était consacré a été accomplie; Tordre a été rétabli et la voie est de nouveau ouverte à cette politique d'union des républicains que le président du Conseil s'était assigné la tâche de rendre possible.
« Dans ces conditions, M. Waldeck-Rousseau, d'après nos renseignements, a pris le paiti de se démettre du pouvoir et de laisser au président de la République le soin de constituer un Cabinet issu de la Chambre nouvelle.
« Les motifs politiques de cetle détermination se doublent d'une raison d'ordre personnel : la nécessité impérieuse pour M. Waldeck-Rousseau de prendre enfin un repos que commande le souci de sa santé. Celle-ci a été ébranlée plusieurs fois, on le sait, au cours des trois années de travail ininterrompu et de responsabilité permanente que vient de traverser le président du Conseil.
« Plusieurs fois, au cours de cette longue et laborieuse période, M. Waldeck-Rousseau, s'il n'avait écouté que son intérêt personnel, eût dû renoncer au pouvoir, pour rétablir sa sauté. compromise particulièrement en trois circonstances différentes, et notamment à la suite du grave accident de voiture survenu le 2 mars dernier.
« Néanmoins, M. Waldeck-Rousseau a persislé à rester aux affaires. Mais aujourd'hui que les circonstances politiques lui rendent sa liberté d'action, il prend La.*&sfcW tion de se retirer.
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« Nous croyons savoir, d'ailleurs, que M. Waldeck- Rousseau aurait informé chacun de ses collègues individuellement de cette résolution et qu'il l'aurait fait connaître, d'autre part, à M. Loubet à la veille de son départ pour la Russie.
« Il est donc à prévoir que lorsque la Chambre se réunira, le in juin, elle se trouvera en présence d'un Cabinet démissionnaire, chargé exclusivement de l'expédition des affaires courantes jusqu'au jour où le Président de ia République aura, par l'exercice de sa prérogative constitutionnelle, constitué le Cabinet chargé de diriger les débuts de la nouvelle législature. »
La nouvelle donnée par le Temps était exacte. Les Chambres avaient été convoquées pour le 1er juin. Deux jours après leur réunion, le 3, M. Waldeck-Rousseau remettait sa démission au chef de l'État par la lettre sui- ï vante : \
Paris, le 3 juin 4902.
Monsieur le Président de la République,
Le vote émis par la Chambre, le 12 juin 1899, avait tracé le programme du ministère que, pendant trois ans, j'ai eu le grand honneur de présider.
Ce programme est aujourd'hui accompli. Les agitatatians violentes qui menaçaient Tordre public ont depuis longtemps pris fin. La République, en dépit d'un • effort sans précédent, est sortie victorieuse d'une dernière épreuve. Une majorité plus forte, et qui ne sera pas moins unie, assure non pas seulement le maintien, mais le développement de ses institutions.
Si, grâce à l'appui constant du pays, à l'esprit politique des deux Chambres, au concours le plus dévoué de mes collègues, il m'a été possible de répondre à la confiance que vous m'ami Vkiftfcx^v^ \x\fc* tatt£&