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LE JUGEMENT DE SES ÉLECTEURS

Devant ces hommes, je ne trouverai pas grâce, je le sais et je m'en console, parce que, au milieu de mes ennuis, j'ai eu un suprême réconfort : l'attitude confiante de mes électeurs, la sympathie chaleureuse de ce comté où je suis né, qui m'a vu grandir, qui m'a pris par la main au début de ma carrière, et dont la confiance, depuis dix-sept ans et plus, ne s'est jamais un instant démentie. J'ai eu de mes électeurs des témoignages qui m'ont vivement touché, et parmi ceux-là, la lettre d'un homme, qui, jusqu'ici, m'avait toujours combattu et qui, en m' assurant de son concours pour l'avenir, me rappelait ce beau proverbe anglais : " Que l'on ne jette des pierres qu'aux arbres qui portent des fruits ". Aussi, je le dis sans jactance, mais avec une légitime fierté, jamais autant qu'aujourd'hui, je me suis senti enveloppé par la confiance, et même par l'affection de mes électeurs, et aussi, c'est du fond du cœur et avec toute mon âme que je leur dis merci. Je ne puis aussi me rappeler sans émotions, l'accueil qui m'a été fait par la population de Québec, le 19 juillet au soir, lors du débarquement de sir Wilfrid Laurier. La vieille Capitale est ma ville adoptive ; c'est là que nous vivons, mes adversaires et moi. L'accueil ou plutôt l'ovation qui m'a été faite, ne s'adressait pas tant à l'homme lui-même qu'aux principes que je représente.

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