VIOLENCES
Laissez-moi vous dire immédiatement que je ne suis pas ici pour échauffer les esprits, mais pour les éclairer. Je lie veux tenir devant vous que le langage que vous êtes dignes d'entendre. Quelque violentes que soient les dénonciations de nos adversaires, je ne consentirai jamais à exciter les passions populaires ; au contraire, je chercherai toujours à les calmer.
Avec le système de gouvernement qui nous régit, il faut qu'il y ait des partis, et il est naturel, il est nécessaire que ces partis s'entrechoquent et se combattent. C'est de ces luttes que naissent les idées et les progrès. Mais ces luttes, pour être utiles et fécondes, doivent être subordonnées, de la part des combattants, aux règles de la modération, du respect et du patriotisme. La fièvre et les violences, les gros mots et les injures ne font jamais avancer un parti et ne peuvent pas profiter au pays. Je ne crois pas, pour ma part, à ces hommes qui font de l'injure leur arme favorite et qui se plaisent à attiser les haines et le mépris pour détruire et ruiner leurs adversaires.
La politique peut être la plus noble des carrières ou le plus vil des métiers et le peuple doit savoir choisir entre ceux qui veulent se servir de lui et ceux qui veulent le servir.
Pour nous qui sommes tous les jours aux prises avec les difficultés de la polémique et qui avons à faire face aux violences d'une opposition coalisée des conservateurs et des nationalistes, nous pourrions, à lire et à entendre ce que l'on dit de nous, nous surprendre à douter de nous-mêmes, si nous n'avions pas la certitude d'avoir fait notre devoir, si nous ne recevions pas de temps à autres, des témoignages de confiance comme celai que nous donne aujourd'hui le sympathique auditoire que j'ai devant moi.