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INSTRUCTION PUBLIQUE

Au sujet de l'instruction publique, il a d'abord reconnu à Ste- Martine et à Rigaud que j'avais fait tout ce qu'il m'était possible de faire. Plus tard, il a reproché au gouvernement Marchand ainsi qu'au gouvernement actuel de n'avoir pas mis en application cer-

taiiie résolution du conseil de l'instruction publique qui recommandait d'obliger les municipalités scolaires à payer un salaire d'au moins $100.00 à leurs instituteurs et institutrices sous peine de perdre la subvention gouvernementale.

Cette mesure peut avoir du bon, mais elle a aussi ses inconvénients, comme il a été constaté dans le passé. La province d'Ontario, que l'on nous cite souvent comme modèle en matière scolaire, a décrété, il y a une couple d'années, une telle mesure, et déjà l'on s'aperçoit qu'elle est quasi impraticable, tant elle entraîne de graves inconvénients.

Nous reconnaissons bien que cent dollars ne sont pas un traitement suffisant, adéquat aux services que rendent les instituteurs et institutrices ; mais nous avons pensé, et cela en tenant compte des circonstances particulières dans lesquelles se trouvent certaines municipalités pauvres de cette province, qu'il valait mieux essayer des moyens, de tous les moyens de persuasion avant de recourir à la coercition. Et c'est pour arriver à faire payer un meilleur traitement,— non pas seulement un traitement de cent dollars, mais un traitement convenable, — à nos maîtres et maîtresses d'écoles qu'en 1905, quelques mois après avoir pris les rênes de l'administration, nous avons décidé d'accorder des gratifications aux municipalités scolaires qui se montreraient les plus progressives et avons imposé comme condition que seules pourraient avoir droit à ces gratifications les municipalités qui payeraient un traitement d'au moins cent dollars à chacun de leurs maîtres et maîtresses.

Voici comment les inspecteurs d'écoles appréciaient cette mesure, à leur dernière convention :

" L'Association se fait un plaisir de reconnaître que ces primes sont une heureuse innovation et qu'elles ont déjà produit beaucoup de bien. C'est incontestablement l'un des léviers les plus puissants qu'aucun gouvernement ait mis entre les mains des inspecteurs d'écoles pour obtenir des améliorations, en éveillant l'opinion publique et en stimulant le zèle et l'émulation des commissions scolaires.

" Les membres de cette association émettent le vœu que votre comité recommande au gouvernement d'en augmenter le nombre et la valeur, afin d'amener les commissions scolaires à faire davantage pour rendre les écoles de plus en plus confortables et mieux rétribuer ceux qui sont chargés de les diriger."

M. Bourassa demande aussi la création d'écoles secondaires entre les écoles élémentaires et les collèges classiques, afin de pré-

parer les fils de cultivateurs aux carrières commerciales et industrielles.

Il est surprenant que le député de Labelle ignore qu'entre nos écoles élémentaires et nos collèges classiques, 598 écoles modèles et 193 académies donnent déjà, depuis des années, l'enseignement dont il parle et dont il ne paraît pas soupçonner l'existence.

De plus, les articles 463 et suivants de la loi de l'instruction publique pourvoient déjà à l'établissement d'académies de comté, et chaque académie qui serait établie en vertu de ces dispositions aurait droit à une partie de l'argent que la législature vote tous les ans pour les fins d'éducation supérieure.

Comme vous le voyez, le chef du parti nationaliste n'a rien inventé dans le domaine de l'instruction publique et il ne nous offre absolument rien de mieux que ce que nous avons.

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