L'UNIQUE RAISON C'EST LA CONDITION D'ÉTABLISSEMENT
Cette admission de l’Epine n'est-elle pas la confirmation de ce que j'ai toujours prétendu dès l'ouverture du procès : que les négociations avaient été rompues uniquement et exclusivement sur la clause des conditions d'établissement. Je n'ai cessé de dire à ces messieurs que je ne consentirais jamais à faire à un syndicat étran-
ger des conditions plus fa” vrables que celles qui sont imposées aux habitants du pays ; que nous pourrions peut-être étendre le délai” pour l'accomplissement des conditions, mais que cette cause devait rester une condition sine qua non du contrat. Cette admission de l'Epine est d'ailleurs confirmée par la lettre de l’un des membres du syndicat, le chevalier Gaœthals, adressée à l'Epine le 29 janvier 1907 et qui a êté versée au dossier. La voici :
« Mon cher Baron,
“ Je regrette que la hâte de votre départ ne m'ait permis de vous donner lecture d’une lettre récemment arrivée, écrite par M. Obalski à M. DeJardin. Cette lettre je ne l'avais pas à ce moment sous la main. En voici le passage principal : “ J'ai vu le Ministre qui m’a dit avoir écrit au baron au sujet de l'Abittibi 1] a soumis la question des conditions d'établissement aux officiers en loi qui ont déclaré qu'on ne pouvait légalement passer outre. Il étudie la question d’une législation spéciale à présenter au parlement, mais il eraint qu’elle ne soit pas populaire, qu’elle ne soit pas acceptée.”
“ Si ce pronostic est exact et doit Ise réaliser, l'affaire de l’Abittibi ne se fera pas, voilà tout. Et cela sera tant pis.
“ Voyez-vous, mon cher baron, il est profondément regrettable que le gouvernement canadien n'ait pu où n'ait pas voulu transiger, séance tenante, sur cette MALENCONTREUSE, UNIQUE ET DER- NIERE CLAU tandis que M. DeJardin était à Québec, au mois de novembre dernier. A ce moment, si on avait pu se mettre d’accord, M. Delardin signait au nom du Syndicat et l'affaire était faite.
“Aujourd’hui, on est, sans doute, toujours prêts à signer encore et à conclure. bien entendu, dans les conditions dites et dont on ne ‘dlémordra pas, parce que c’est une question de “to be or notto be”. Toutefois, je perçois parfaitement que cLaque jour qui passe, enlève ici une parcelle des bonnes dispositions du début.
‘ On commence à se demander si, du côté du gouvernement canadien, on est sérieusement désireux d'aboutir. Et en toute vérité, le doute s'impose. Car, en définitive qu'est-ce que vos honorables ministres sont venus faire en Belgique. …., pendant et depuis l'Exposition de Liège ? Chercher des Belges et des capitaux franco-be'ges, disaient-ils, eh bien, nous leur offrons les deux, pleinement et entièrement. Pourquoi alors l'affaire n'est-elle pas encore sur pied ?
“ Quant à nous, nous avons, dès septembre 1905, constitué un syndicat d’études lequel a déjà dépensé, dans l'Etat de Québec au-delà de 35,000 francs. Nous avons donné des gages ; du côté canadien, qu'avons-nous rencontré jusqu’à présent ” Des promesses, des paroles, et voilà tout. Est-ce sérieux ?
“Je me demande si vos honorables ministres savent bien à quels hommes ils ont affaire ? Et s'ils ont pris là-dessus des informations ? Rappelez-leur donc que, en trois ans, notre groupe vient de créer, rien qu'en Egypte, quatre affaires nouvelles, savoir : la “ Caisse Hypothécaire d'Egypte ” ; la “ Compagnie Agricole du Nil” ;la ® Sté Générale Egyptienne ”, et la “ Société Agricole et Industrielle d'Egypte ” et que ces quatre affaires, qui marchent splendidement, ont absorbé, tant en obligations qu'en actionscapital, 11V,000,000 et quart, dont 98,000,000 d'argent versé.
“Quant à l'Ouest Canadien, dites-leur done que, en avril dernier, ce même groupe à créé la “ Cie Immobilière et Agricole Canadienne” au capital entièrement libéré de 3,000,000 plus 4,000,000 d'obligations : total 7,000,000 versés en quelques mois. Dites leur done encore que jeudi, ie même groupe constitue la “ Cie Hypothécaire Canadienne ” au capital initial de 10,000,000 avec création à bref délai de 20,000,000 d'obligations, dont une partie sont d'ores et déjà prises ferme, Nouveau total d’une trentaine de millions de bel argent
us