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LE RAPPORT CHICOYNE EN

Mais, M. l'Orateur, ii y a eu d'autres représentations du même genre, et celles-ci sont de dates plus récentes, En 1893,

cette Chambre chargeait un comité spécial de lui indiquer les causes du mouvement d'émigration qui se produisait alors dans nos campagnes. Ce comité était présidé par l'honorable député de Wolfe (M. Chicoyne) qui fit un rapport assez considérable et surtout très intéressant, Oril appert de ce rapport, monsieur, qu'à cette époque, la situation était la même qu'aujourd’hui. L'honorable chef de l'opposition, encore une fois, n'avait pas raison de dire que les jours où nous vivons étaient des jours inconnus dans le passé. En effet, dans ce rapport qui fait partie des Journaux de l’Assemblée Législative de 1893, je trouve, aux pages 390 et 391, les constatations et les suggestions suivantes :

“LA RÉGIE DE NOTRE DOMAINE PUBLIC LAISSE A DÉSIRER SUR PLUSIEURS POINTS, L'on y trouve des défauts qui ont brisé la carrière de plus d’un colon.

“LA LOI QUI DÉTERMINE L'ADMINISTRATION DE Nos TERRES PUBLIQUES DEVRAIT SUBIR UN CHANGEMENT RADICAL, Une distinction bien formelle devrait être établie entre les terres propres à la culture et les terres destinées à l'exploitation purement forestière ou minière, Sur les terres convenables à la colonisation, les colons devraient avoir tous les avantages sur le commerçant de bois ; tandis qu'au contraire, sur les terres propres à l'exploitation, soit forestière, soit minière, le commerçant de bois ou l'exploiteur devrait être protégé, LES CONFLITS QUI sE PRODUISENT S1 SOUVENT EN BIEN DIS ENDROITS DE NOTRE PRUVINCE ENTRE LE COLON ET LE COMMERÇANT DE BCIS, sont une source de malaise et un obstacle sérieux aux progrès et à l'œuvre de la colonisation.

“ Les colonies devraient aussi se faire par groupe et avec plus de méthode, Au lieu de laisser les colons s'éparpiller à leur guise dans les forêts où ils sont privés pendant des années des bienfaits d'un régime municipal et de tout système de voierie régulière, on dev’sit, autant que possible, veiller à ce qu'une colonie atteigne un degré d’or-

ganisation assez parfait avant de songer à en fonder une autre. Beaucoup de colons se sont découragés dans de pareilles circonsta:’ ces.

“L'ABSENCE D'UN SYSTÈME DE COLONISATION BIEN CONTIDIONNÉ ET RÉGULIÈREMENT ORGANISÉ est cause que beaucoup de cultivateurs abandonnent définitivement la carrière agricole. SI LA COLONISATION ÉTAIT MIEUX CONTROLÉE, PLUS PRATIQUEMENT DIRIGÉE, il est certain qu'une foule de cultivateurs, que des circonstances incontrôlables forcent à quitter leur patrimoine, pourraient äller se tailler un domaine dans notre forêt au lieu de prendre le chemin des villes comme beaucoup d’entre eux le font, à leur grand regret du reste.”

Ainsi donc, il y avait en 1893 absence d’un système de colonisation bien eonditionné, Or, l'honorable chef de l'opposition et son parti ont été au pouvoir de 1892 à 1897, et le &ouvernement conservateur n'a pas, que je sache, remédié à cet

état de choses que déploraient l'honorable député de Wolfe et ses collègues du comité de 1892.

De plus, l'on disait encore dans le même rapport :

“On se plaint, dans plusieurs endroits, que les agents des Terres de la Couronne ne sont pas suffisamment renseignés sur la valeur des terres qu’ils sont chargés de vendre aux colons. Le gouvernement devrait voir à ce que ces agents fassent plus de zèle et se dévouent un peu plus pour attirer l'attention des colons sur le domaine public.”

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