‹ Politique provinciale [microforme] (volume 2)Chapitre 46 sur 81 · LA LOI DE 1882 À ETE IMPOSEE PAR LES LIBERAUX · texte numérisé non relu

LA LOI DE 1882 À ETE IMPOSEE PAR LES LIBERAUX

Or, M. l'Orateur, l'honorable chef de l'opposition doit avoir la mémoire bien courte pour parler ainsi; car il disait absolument le contraire, dans cette même Chambre, en 1880.

Pour bien lui faire sentir toute la profondeur de son erreur, je cite textuellement ses paroles que je trouve à la page 354 du Æansard de 1889 :

“Je suis responsable de la loi de 1882, et cela d'une manière toute spéciale, car j'étais alors commissaire des Terres de la Couronne : je veux parler de la loi créant la réserve du bois de pin.

“Là où on dénature les faits, c'est lorsque l'on dit que la responsabilité de l'adoption de cette loi ne pèse que sur nous, Ce n'est pas exact. CETTE KESPONSABjLT.É EST PARTAGÉE COMPLÈTEMENT PAR LE PARTI LIBÉRAL, À LA SEULE EXCEPTION DE L'HONORABLE SECRÉTAIRE DE LA PROVINCE (l'hon. M. Gagnon), QUI À DIFFERE D'OPINION AVEC SES AMIS, C'est l'honorable M. Joly, le chef du parti libéral en 1882, qui à provoqué et engagé le gouvernement à prendre l'initiative de soumettre cette Joi aux Chambres. L'HON. M. JOLY EST EN QUELQUE SORTE L’AU- TEUR DE CETTE LOI PAR CE QU'IL À DIT ET PAR SON VOTE. LES JOURNAUX LIBERAUX DU TEMPS ABONDAIENT DANS LE MÊME SENS et demandaient une loi pour protéger ce bois précieux qui tend à disparaître si rapidement,

+ + l'unanimité régnait partout, TOUS LES cHErs DU PARTI LIBERAL VOULAIENT ET DESIRAIENT, PLUS QUE NOUS PEUT-ÊTRE, L'ADOPTION D'UNE TELLE LOI. Les { libéraux allaient même plus loin que nous. En effet, deux ou trois de nos amis politiques ont cru devoir offrir quelques observations à l'encontre de la mesure, et qui s’est chargé spontanément de leur répondre?.. ce sont MM. Joly, Stephens et Irvine, Ii n'y a eu qu'un député dissi-

dent, ç'a été l'honorable secrétaire de la Province (M. Gagnon).

Et plus loin, p. 359:

“Le fait est, M. le président, que J'ETAIS MIEUX AP- PUYÉ EN QUELQUE SORTE PAR L'OPPOSITION QUE PAR MES AMIS DU PARTI MINISTÉRIEL D'ALORS.”

L’hon. M. Flynn.— Pourquoi le parti libéral a-t-il demandé l'abrogation de cette loi de 1882 ?

L’hon. M. Gouin.—Si l'honorable chef de l'opposition veut bien me le permettre je ne répondrai à sa question que dans un moment ; mois je puis l’assurer tout de suite que ma réponse, si elle se fait attendre, n’en: sera pas moins péremptoire,

Le parti libéral imposa donc cette loi de 1882 à l'honorable chef de l’opposition. Car, d’après ce que je lui ai entendu dire l'autre jour et d'après ce que j'ai lu de son discours de 1880, il est évident que le £hef de l'opposition ne fait des lois que lorsque l'opinion publique l'y force ou que le parti libéral l'y oblige.

En appuyant la loi de 1882, en demandant cette loi, le parti libéral était.conséquent avec lui-même ; l'honorable chef de l'opposition l’a déjà affirmé. En effet, en 1889, mon honosable ami déclarait que la position qu'avait prise le parti libéral en 1882, était conforme à sa conduite antérieure, S'adressant à l'honorable monsieur Marchand qui était alors président de la Chambre, il lui disait :

“ Vous même, M. le président, qui siégiez alors (en 1882,) au milieu de nous, vous avez donné raison au Gouvernement sur cette question, et vous étiez encore tout pénétré de l'expérience que vous veniez d'acquérir comme Commissaire des Terres de la Couronne. Voici ce que vous disiez à ce sujet :

“Avant que le comité lève sa séance, je désire faire une simple observation. Je constate qu’en 1875, j'avais l'hon-

neur d'appuyer une Proposition faite par feu l'honorable M. Bachand, au sujet d’une Proposition de loi semblable à celle que nous examinons, et que la droite—le parti conservateur—manifesta une touchante unanimité à voter son rejet, C'est la centième fois que je constate une contradiction aussi évidente dans les actes de mes honorables amis de la droite. L'OPPOSITION À LA CONSOLATION DE VOIR TRIOM- PHER SES IDÉES, et il est bon que le public le sache.”

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