LA LIGUE NATIONALISTE
L'honorable député de Dorchester, midi de la Ligue Nationaliste, était « mposée de patriotes a aspirations, de citoyens qui av ment de la colonisation.
Monsieur l'Orateur, je Partage l'opinion de l'honorable député de Dorchester sur ce point. Je constate avec Plaisir qu’il y a, dans le Programme de cette ligue, de belles et nobles idées, et, dans cette association, des citoyens remplis des meilleures intentions et Capables des plus purs dévouements. Mais je ne puis m'empêcher de dire ici que je déplore les excès de langage que commettent quelques-uns d’entre eux. Ils sont sincères, ils sont convaincus, je le sais ; mais, s'ils veulent travailler efficacement à l'avancement de la patrie commune, — et ils Le veulent, j'en suis persuadé, qu'ils n'oublient donc jamais qu'on
ne grandit pas un peuple en diminuant les citoyens qui le composent.
nous a parlé cette après- Il nous a dit que cette association.
ux grandes visées et aux hautes aient réellement à cœur l’'avance-
En haut tout le monde! n'écrasons et n’éclaboussons personne! respect à tous! Telle est la bonne. . (Les applaudissements couvrent la voix de l'orateur),
Or, M. l'Orateur, coïncidence singulière et heureuse, été donné, cette après-midi, de mettre, main sur un article où l'organe de la Ligue Nationaliste donne une liste de ses “ desiderata ” en matière de colonisation.
Savez-vous ce qu'il demande? Ni plus ni moins que les amandements que nous faisons à la loi actuelle,
il m'a comme par hasard, la
Voici qu'elles sont ces réclamations: “Affectation de domaines spéciaux à la colonisation ”; nous la décrétons, pection de la terre par des fonctionnaires compétents”; nous y Pourvoyons. “Concessions du lot sur demande, sans retards ni atermoiements”; c'est ce qui sera fait désormais, Suppression du droit du désaveu arbitraire du Ministre”: nous l'accordons, “ Révocation automatique des concessions dont les con-
“Ins-
ditions n'auront pas été remplies”; nous rendons la révocation expéditive, mais suivant un mode moins dûr que celui qui est suggéré. ‘“ Enrégistrement immédiat des transports”; il y est Pourvu par notre loi. “ Contrôle plus actif de la coupe du bois par le colon, et obligation pour celui-ci de vendre de préférence au concessionnaire exproprié”; nous faisons mieux : nous donnons le bois au colon. Et nous faisons autre chose encore, Nous édictons des dispositions toutes spéciales pour mieux protéger nos forêts contre le feu, qui, comme le disait si bien l'honorable chef de l'opposition, nous a fait perdre, dans le passé, de si grandes étendues de nos limites forestières.
Voilà, monsieur l'Orateur, les observations que je croyais devoir faire. J'espère avoir répondu d’une façon satisfaisante à chacune des objections que nous ont faites jusqu ici nos adversaires, La loi que nous avons préparée est certainement la plus importante qui, depuis 1889, ait été soumise à cette ( hambre, et elle est celle qui, depuis 1849, apportera les changements les plus considérables à notre système d'administration des terres. J'ai bonne confiance qu'elle sera reçue et étudiée dans un bon esprit et que sa mise à exécution sera profitable à notre province,
PERORAISON
L’honorable chef de l'opposition finissait son discours l’autre jour en disant que la devise du parti conservateur avait toujours été : “ Pour le pays par le parti.” Qu'il me soit permis de dire, monsieur l'Orateur, que nous, du parti libéral, nous n'avons jamais pris d’autre devise que la belle devise de la province de Québec : “ Je me souviens.”
Nous nous souvenons de nos origines et nous en sommes fiers ; nous nous souvenons que nos pères ont semé dans ce sol les mâles vertus qui donnent à la nation que nous sommes le droit de prétendre à toutes les grandeurs de l’immortalité.
Nous nous souvenons des luttes gigantesques que nos pères durent soutenir pour ouvrir à la civilisation ces riches domaines qui sont maintenant notre patrimoine. Nous nous souvenons des épreuves patientes par lesquelles durent passer les défricheurs de notre terre; nous nous souvenons de leurs sacrifices et de leur héroïsme de toutes les heures,
Nous nous souvenons aussi des traditions de notre natio-
nalité qui se résument en cette belle et virile formule : “ Emparons-nous du sol.”
Or, monsieur l’Orateur, le passé oblige ; et ce que furent nos pères, nous devons l'être.
Notre province, en comparaison de ce qu'elle sera, n'est encore qu'une magnifique ébauche,
Elle est la plus vieille et la plus vaste de toutes les provinces de la confédération canadienne ; elle en doit être la première aussi,
L'industrie agricole et l'industrie forestière sont nos grandes sources de force nationale, Ce sera donc un agréable devoir pour les députés de cette Chambre de voter cette loi dont le but est de protéger nos forêts et d'encourager la colonisation, le défrichement, et, partant, l’agriculture,
Cette loi n’est pas parfaite sans doute. Mais un penseur l'a dit: “En aucune chose il n’est donné à l'homme d'arriver au but; sa gloire est d'y marcher.”
Haussons-nous donc vers l'avenir.
Préparons à notre pays des lendemains féconds.
Surpassons-nous toujours,
Nous avons des gloires communes dans le ‘passé; nous avons, malgré nos dissensions, déjà fait de grandes choses
ensemble; nous avons encore de grandes et belles tâches devant nous. ,
Continuons donc l’histoire du Canada avec la vaillance de nos pères, nous souvenant toujours que:
“Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont Ceux dont un dessein ferme emplit l'âme et le front, Ceux qui d'un haut destin gravissent l’âpre cîme, Ceux qui marchent pensifs, épris d’un but sublime, Ayant &evant les Yeux sans cesse, nuit et jour,
Ou quelque saint labeur ou quelque grand amour,”