LES PARTIS POLITIQUES
Depu's que le système parlementaire
a été Inauguré en cette Province, iln'y a eu que deux Partis : le parti conservateur e! le parti libéral, I] Pourra s'en former qe nouveaux, il Pourra en surgir de petits, —
il y aura toujour- des tiraillements et des tirailleurs— ; mais nous n'aurons jamais que deux grands partis,
mn
Le parti ’0servateur à eu ses j urs de gloire ; p ndant lor £'emps, il a joui de la coufiance populaire ; pendant long temps, l'idée libérale n'a été défendue
dans nos parlements que par une poignée
de lutteurs,
De 1867 à 1887 (le ministère Jo'y a
vécu dix huit mois, à peine), de 1892
à 1897, le Earti conservateur à été le maître absolu de nos destinées dans Ja législature de Québec. Or comment se fait-il que ce Pari, qui comptait alors dans ses rangs des hommes de talents, et que représentait l'immense Majorité des dé.
putés de l'assemblée législative, ait été si complètement écrasé en 1897 ? Nos amis les conservateurs ne Peuvent prétendre avoir été pris par surprise lors de ces élections ; ce sont eux qui en fixèrent la date, Ils avaient eu le temps de sécher leur poudre, de fourbir leurs armes et de Préparer la victoire, Quelle est la cause de cette défaite, qui les accable encore ?
Il n'y en a qu'une : c'est que le régime Conservateur avait été néfaste et que le Feuple l'a jugé tel ; c'est que le corps électoral, revenu de Son erreur de 1892, à ,recor nu ce que Je parti libéral gv t fait pour le dév eloppement de notre province,
Depvis 1897, les électeurs se sont prononcés à deux reprises sur la gestion de nos aflaircs provinciales. Il a examiné le bilan de notre administration sila constaté ce que nous avions accompli ; il a jugé que nous savions gouverner ; ct, quoi que dise et clame M Leb'anc, c'est en pleine connaissance de cause que le peuple, qui sait distinguer entre ceux qui veulent le servir et ceux qui veulent se
servir de ui, a confirmé ce jugement
de 1397,
L'ADMINISTRATION CONSERVA- TRICE
Le parti conservateur n'a Pus su administrer, où plurôt a mal administré les “flair.s de notre province. Je vais le prouver, brièvem nt mais clairement, par les dires mê nes de ses chefs et par des fa ts indiscutables et indiscutés.
En 1867, vous le sAVEZ, les charges de notre budget étaient besncoup mcine lourdes qu'elles ne le sont aujourd'hui, La populat'on de cette province était Alors moins considérable, son territoire habité moins étendu, et ses services publics moins nombrenx et moins onéreux :
la législation, l'administration de la jus- Uce et l'entretien des aliénés cofitaient moins cher, l'instruction publique exigeait moins ‘e sacrifices et, surtout, nous n'avions pas de dette.
DEFICITS CONSERVATEURS
Jusqu'en 1874,
les comptes publics ac.
Cusèrent des surplus. Mais depuis "cette Époqu, jamais hélas ! jamais une admibistration conservatrice ne eut maintenir l'équilibre entre leg recettes et les paieients, Cette affirmation pet vous paraître extraordinaire, mais je dé M.
Leblanc et ses heutenants de la contredire, Elle s'appuie sur les comptes publics que les divers mi ‘istères conserva.
teurs ont eux-mêmes nrérares. Elle est Même en partie corrob vrée par les paroles de leurs trésoric rs,
Voici en effet, ce que disait fen M.
Wurtele, alors trésorier, lors du débat sur la vente du chemin de fer du Nord, en 1882 :
‘Les déficits pour les dernières années ont été comme suit, Fn 1378, le déficit s'est élevé à 8685,514.71. En 1879, il’a été de 8623, 123,64...,.:En 1880, le dé Couvert se montait à $608,117.12 Pour 1881, ils été de $442,129,65 reste, après déduction frite, un déficit prévu, pour 1882, de 8500 000.00.
‘Si l’état de choses qui exite aujour.
d'hui est main‘enu, nous aurons pour les
ciuq années à venir uu déc uvert anuuel, daus notre budget, de #8571,000. Ces chiffres ne sont pas le fruit de mon im g'nation, En voici ln buse : pendant les cinq dernières années, nous avons eu des déficits montant, en totalité, de 82,858 - 895.13, Ceci donne une moyenne de 8571.779.03 par année,” (Débats d: la législature, 1882, p. 979).
D'autre part. M. Robertson, qui fut, lui aussi, trésorier dans divers ministères conservateurs, disait en 18:3 :
“En 1867, nous avons commencé à faire les ch ses sur un trop grand pied et à quelqu s rares exceptions, nous avons été en augmentant, en é'argissant les bases de ce système, ju qu'a cs qu'enfin nous ayions atteint là pémb'e, je pourrais même dire, la honteuse néc :8sité d'emprunter de l'argant pour payer nos dépenses courantes...... Le pays est justemint alarmé au sujer de notre situntion financière ” . (Débats de la 1é-
gislature, 1833, p. 737).
L'année suivante, le même M. Robert son disait à ses électeurs de Sherbrouke :
** Voici en résumé notre situation. Nos déficits annuels dépassent de $ 100,000 00 le montant de nos revenus ordinaires, Si nos recettes ne sont pas augmnentées en retenant, d'une manière ou d'une autre, l'argent du poup'e, nous devons arrêter nos dépenses ou faire banqueroute.”
Les conservateurs ont ils di uinué les dé.enses ? Non, ils ont préféré taxer ; et ils ont fait banqueroute! Et c’est pourquoi le peuple, dég ûté, leur a enlevé la gestion des affaires provinciales, en 1887, po r la confier au parti libéral.
Se sont ils amendés après leur restauration de 1892 qu'ils doivent à un coup d'état que le peuple et l'histoire ont flétri ?
Non, messieurs, Pécheurs non contrits
et non repentants, les hommes de 1492 |
furent ce qu'avaient été ceux de 1882 86,