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ENSEIGNEMENT TECHNIQUE

A notre époque, où l'extension donnée au commerce et à l'industrie, où la multiplicité et la variété des affaires ont élevé au rang de véritable science ce que l'on a trop longtemps considéré comme une simple routine, il est devenu de plus en plus nécessaire que le commerçant soit à la hauteur de sa mission dans la société.

On peut affirmer, sans être taxé d'exagération, que l'enseignement commercial a été laissé trop longtemps dans un état d'infériorité ; tandis qu'on prodiguait les bienfaits de l'instruction à ceux qui se destinent à toutes les autres professions, on semblait croireque le commerce et l'industrie n'avaient besoin pour prospérer, queci' une bonne situation pécuniaire et de traités de commerce favorables.

C'est pour donner à notre province des négociants éclairés, des chefs de maisons de commerce et de banque ; c'est pour fournir à nos industriels des agents commerciaux actifs, intelligents et habiles ; c'est pour procurer à nos manufacturiers des producteurs instruits, des chefs d'ateliers émerites, des contre-maîtres expérimentés et des ouvriers d'élite, qu'avec la coopération des autorités municipales de Montréal et de Québec et le concours de la chambre de commerce du district de Montréal, nous fondons trois écoles : deux écoles techniques industrielles, l'une à Québec et l'autre à Montréal, et, en ce dernier endroit, une école des hautes études commerciales.

Les besoins des professions industrielles et commerciales sont indiscutables, sont indéniables. La population qui se rattache au commerce et à l'industrie, — et elle est nombreuse, — réclame un système d'éducation approprié à ses travaux ; elle demande un enseignement qui la prépare plus directement aux professions qu'elle exerce.

De nos jours un ouvrier est arriéré sur un bon nombre de ses compagnons de travail et sur un très grand nombre d'ouvriers

étrangers, quand il n'est pas, comme disent nos compatriotes* de langue anglaise; " the right man in the right place " ; quand il ne connaît pas parfaitement l'ensemble de sa profession, ses ressources et ses moyens d'action ; quand il ignore les conditions de ses concurrents ; quand il ne possède pas les connaissances scientifiques voulues pour lui permettre non seulement de servir sa machine, mais de la comprendre, de la réparer et de la perfectionner. Or le but de l'enseignement technique industriel est de donner aux ouvriers de demain les moyens d'acquérir une instruction générale plus étendue, des connaissances pratiques plus développées, et une habilité professionnelle plus grande.

Il n'est pas besoin d'être prophète pour dire qu'un avenir brillant est promis, dans cette province, aux carrières industrielles et commerciales. Nous possédons un territoire immense et dont les ressources sont encore incalculables. Notre sol est des plus fertiles ; la valeur de nos minerais et de nos forêts est inappréciable ; notre houille blanche représente des forces innombrables dont l'exploitatation est à. peine ébauchée ; la production de nos manufactures, en 1901, atteignait déjà $158,287,994, soit un tiers de la production totale du Canada.

En vérité, ce ne sont ni les affaires ni les bonnes occasions qui manquent dans un pays neuf comme le nôtre ; ce sont plutôt les sujets de valeur, les sujets capables de saisir des bonnes occasions. Et nous croyons fermement que notre commerce extérieur, qui a plus que doublé pendant les dix dernières années, pourrait s'accroître dans de plus vastes proportions encore, si, comme dans tous les pays d'Europe et dans les Etats-Unis d'Amérique, nous portions nos efforts, de façon énergique, du côté de la formation commerciale et industrielle de ne nos jeunes générations.

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