‹ Politique provinciale, Trois discoursChapitre 54 sur 57 · LUS CONCESSIONS FORESTIÈRES · texte numérisé non relu

LUS CONCESSIONS FORESTIÈRES

M. Bourassa nous reproche de vendre à sacrifice nos limites forestières.

Je n'ai pas l'intentiou de parler longuement de cette question. Mon collègue l'honorable M. Turgeon la traitera dans un instant, et il le fera j'en suis convaincu, d'une façon beaucoup plus complète et plus intéressante que je ne saurais le faire moi-même. Laissezmoi dire cependant que si M. Bourassa, qui ne veut pas parler du passé, voulait au moins être logique, il ne perdrait pas son temps à parler de cette question, puisque nous avons à maintes reprises, exprimé notre détermination de n'en plus vendre, excepté pour les besoins absolument urgents des industries et des commerces établis.

Dans tous les cas, nous n'avons pas à rougir de nos actes passés et nous sommes prêts à établir quand l'on voudra que les ventes que nous avons faites ont été beaucoup plus profitables que celles qu'avaient faits nos prédécesseurs.

L'on croit apporter un gros argument lorsqu'on compare les prix que nous avons obtenus avec ceux que le gouvernement d'Ontario a obtenus pour ses limites de pin. Mais l' épine tte et le sapin valent-ils le pin ? Et si l'on veut discuter sérieusement, pourquoi ne compare-t-on pas le prix des limites de bois de pulpe d'Ontario avec le prix des limites que nous avons vendues les années dernières — car ces limites ne sont, après tout, que des limites de bois de pulpe ? Pourquoi ne compare-t-on pas, par exemple, le prix moyen des limites que nous avons vendues en juin 1906 avec le prix de cer-

taine limite que le gouvernement d'Ontario vendait à M. Booth en mai 1906?

Comme vous le savez, nous avons obtenu un prix moyen de $195.03 pour nos limites, en juin 1 906. Eh bien, en mai 1906, le gouvernement d'Ontario vendait à M. Booth la eoupe du bois de pulpe sur une limite de 1700 milles cariés, pour la somme de $300,000, soit au prix de $176.47 par mille carré, et à des conditions moins onéreuses que celles que nous imposions.

Page 1