‹ PollyChapitre 22 sur 54 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

POLLY , aichée , MORTIMER , ILVERTON.

MORTIMER, posant sa cravache, sur une chaise^ en riant à Iherton. Ah ! parbleu!., pendant que je courais le bois, on t'a fait faire du chemin !.. celle-ci passe toutes les autres!... l'épouser?., toi !..

ILVERTON. Pourquoi pas?

MORTIMER. Une petite fille...

iLVERTOiv. Charmante!..

MORTIMER. A la bonne heure... mais, comme tu disais toi-même... sans naissance...

ILVERTON. Et, comme tu disais toi-même aussi , n'est-elie pas de parens honnêtes? et puis les pairs d'Angleterre n'épousent-ils pas tout le monde? d'ailleurs il y va de mon bonheur... de ma vie...

MORTIMER. Là! là... ne t'emporte pas. . après tout, ça te regarde... c'est pour ton compte... moi, je ne suis pas un tuteur barbare, un farouche Bartholo, et j'y consens de tout mon cœur.

ILVERTON, lui serrant la maiu. Ah! mon ami...

MORTIMER , regardant autour de lui. Eh bien ! où est-elle donc, la mariée?..

ILVERTON. Je l'ai laissée ici.

irtORTiMER. Est-ce qu'on te l'auiait déjà enlevée?

l'OLLY, toute confuse^ et levant sa iéte audessus du fauteuil. Non, monsieur... me voilà.

ILVERTON > frappé. Comme elle est bien ! . .

MORTIMER. Oui, ma foi... cettecoilïùre..

( A part. ) Ces diables de femmes ! dans quelque position qu'elles se trouvent, sont toujours à leur place.

POLLY, d'un air honteux. Mon Dieu! je ne voulais pas mettre toutes ces belles choses ; je ne sais connneut il s'est fait qu'en les essayant...

MORTIMER. Vous les aycz gardées?...

c'est très-bien, mon enfant.

ILVERTON. D'autant mieux que nous n'avons pas une minute à perdre... tout est disposé.

POLLY, cmue. C'est donc bien vrai?

MORTIMER. Sans doute!.. {Gravement.) Ma chère pupille, dans cet instant .solennel... [A lui-même.) Diable! je n'ai pas préparé de petit discours , et il n'est pas donné à tout le monde de trouver tout de suite... (Haut.) Plus tard je vous dirai une foule de choses très-touchantes sur les devoirs... k lieu sacré... Pour le moment^

je me bornerai à vous féliciter sur le choix que vous avez fait... Vous ne pouviez pas mieux tomber... et après moi... mon ami est ce qu'il y a de mieux dans ce genre

ILVERTON, en souriant. Très-bien !

MORTIMER. Quant à votre dot... votre mari se charge... c'est comme s'il l'avait touchée...

ILVERTON , riant. Absolument.... je suis satisfait.

(Polly retourne près de la glace.)

MORTIMER , bas.

Air : Ma belle est la belle des belles. Non vraiment je veux te la rend:e.

ILVEUTOS , de même.

N'en parlons plus, mon cher...

MORTIMER

Si fait, Pourvu que tu veuilles attendre...

Et je te ferai mon billet.

1I.VERT0N , souriant.

Fort bien!..

MORTIMER

C'est sacre' !.,. je l'atteste. . .

Je te rembourserai soudain Sur le premier oncle... un peu leste Qui me tombera sous la main.

ILVERTON, bas. Du tout!... c'est mon cadeau de noces !...(//««/.) ."Mais h s ordres quej'ai donnésdoivent être exécutés... nos amis , nos témoins , sont réunis à la chapelle. . . à deux pas d'ici . L'acte est dressé. . . partons !

POLLY, émue. 0 mon Dieu!

ILVERTON. Est-ce que cela vous fait peur?

POLLY, la main .fur son cœur. Oui... car je ne puis y croire... il me semble qu'au moindre mouvement que je vais faire...

tout s'évanouira.

•caQCOQaocoQoaoQaa8ooocaajgo»gagoa^^t<yi.^^>,gy

Page 1