SCENE IV
POLLY, ILVERTON, MORTIMER.
MORTÏMER , à part., pendant qu'Ili'erton et Fol/y ont remonté la scène. C'est qu'il paraît très-heureux, l'infortimé!.. et depuis deux heures , impossible de lui glisser un mot !
ILVERTON. Oui, chère Polly... vous êtes ici chez vous... tout ce qui vous entoure vous appartient. . . comme le cœur de votre époux...
POLLY, comme étourdie., et la main sur son cœur. Ah ! mylord , ne me chargez pas à la fois de trop de reconnaissance
BiORTiMER , à part. Je ne peirx pourtant pas lui laisser ignorer...
ILVERTON. En attendant nos amis, vous ferez connaissance avec votre hôtel. . . (montrant la porte à droite) vos appartemens... Vous avez vu vos gens... vos femmes...
{montrant un riche sultan gui est sur une table, au fond à droite) et vous trouverez là quelques ajustemens nouveaux.
POLLY, d'un air de reproche. Encore!..
ILVERTON. Non, pour vous!., mais pour moi... qui serai si fier de vos succès..» Quand on possède une fcnune... boime...
aimable... g^^
MORTIMER , à part. S'il savait ^il en P deux !..
ILVERTON. Quelménage plus heureux !.►
MORTIMER , à part. Oui !.. un ménage à trois... ça va faire un tapage!...
ILVERTON , lui baisant ta mam.^Chaque jour sera un nouveau bonheur*
MAGASIN l'HEATHAL.
- MORTIMER, à part. Diable!., il va trop | loin... {Haut, et toussant.) Hum ! hum ! (L passe entre eux deux.) POLLT, confuse et baissant les yeux. Prenez donc garde, mylord...
ILVERTON. Mortlmer !.. (Riant.) Quelle drôle de figure il nous fait I {Sérimsemenl., et comme frappé d'une idée subite.) J'y pense !.. cet air contraint... {Courant à lui et à mi-voix.) Tu m'as peut-être fait un sacrifice , mon ami !.. tu eu étais amoureux?..
MOKTIMER. Amoureux!., moi >.. est-ce aue je m'amuse à ces niaiseries-là?
ILVILRTON. Ah !.. tant mieux !
MORTIMER, roulant le pressentir. Toinième... j'espère bien que ce n'est pas sérieux !
ILVERTON, bas. Au contraire ! je l'aime comme un fou!
JIOIITIMER, il part. Très-bien!.. (Rega?--
diinl Polly.) 31ais {Il s'approche d'elle.)
Eh bien! mon enfant.... vous n'avez pas encore eu le temps de vous attacher?..
POLLY, en confidence. Si fait... je l'aimais en secret depuis plus de deux ans,
MORTIMER, à part. De mieux enmieux. . .
si je sais comment me tirer de là !.. {Prenant sarésolulion.) Allons, allons ! . . {Haut.) Mon ami ! . .
ILVERTOIV. Qu'est-ce que tu as donc ?
MORTIMER, bas. Je voudrais te parler.
ILVERTON , regardant Polly. Je t'écoute ! je n'ai rien de caclié pour elle.
MORTIMER. Oui... mais comme ça me concerne... si nous faisions un tour à Green-Parck ?
ILVERTON , étonné. Comment !
MORTIMER, bas. A l'instant, une affaire d'honneur... j'ai... j'ai absolument besoin de toi.
ILVERTON, vivement et bas .V,nQ affaire!., c'est différent... jeté suis.
MORTIMER. Pardon, mylady... si je vous l'enlève.
ILVERTON, passant près de Polly. Pour quelques minutes seulement.
POLLY, timidement. Ah ! mylord je
n'ai p^la prélenlion de disposer de tous vos inwins.... {tendrement) IMais ne lardez pas trop, je vous en prie.
ILVERTON, /ui baisant la main avec amour. A bientôt 1
MORTIMER, à /Jrtr/. Que Dieu et saint Georges m'inspive^t maintenant !
(Ils sortent.)