DU SHÉRIFF
(Ma entre éperdue, et comme poursuivie par Yorrick et les gens du shériff.) CHOEUR.
A. Il : lilen ne m'inliniide. (Avis aux Coquettes.) Qu'on la saisisse, Il faut qu'on obéisse; De la justice Respectez les lois!
Qu'on la saisisse, 11 faut qu'on obe'isse Quand la justice Parle par ma voix !
YORRICK, criant.
Marchons, vous dis-je , Point de douceur!
l'OLLT.
Qui vons oblige A la rigueur ?
IDA , courant a Polly.
Ah ! de mon ame Calmez l'effroi, Pitié, madame.
Pitié pour moi !
CHOEUR
Qu'on la saisisse, etc., etc.
YOURICR, «/jar/. Bon... la voilà où je voulais... {Haut et jouant la colère.) Il n y a pas de protection qui tienne... de l'ar- .:;cnt ou la ^trison l... {Bas à Ida.) N'ayez pas peur, je n'en ferai rien. [Haut. )Qu3ind ïMi doit... il faut payer... et... {Bas à Ida.) IHeurez plus fort.., ce que j'en fais c'est pour votre bien.
IDA, étonnée et le regardant. Quels discours!...
YORRICK, aux gens de justice. Entraînez
madame avec tous les égards dus au
malheur.
VOLLY, s' avançant. Un moment...
(Elle fait asseoir Ida sur un fauteuil, h gauche.) YORRICK, immobile et sans se retourner.
Oh!... c'est sa voix!... {Haut.) N'écoutez rien !
JOHN, le poussant. Prenez donc garde, vous êtes devant mylady.
YOuniCR, entre ses dents. W\ flatteur!... {Haut et sans la regarder.) Je no connais pas mylady... Je nai jamais connii de mylady. .. (// tourneVœil de son côté.) Dieu! elle est plus jolie que jamais... Elle l'a fait exprès.. . c'est atroce ! . .. C'est fait pour moi, CCS choses-là...
POLLY, regardant Ida. Une physiononiio distinguée! {Lui prenant les maiiis.)QA\mv7.vous. .. {Regardant Yorrick.) Coujnient ,
monsieur Yorrick! une semblable
cruauté.. .
YORRICK, sans la regarder. Vn bottier a droit d'être cruel comme unautio... pour sou argent.., {A^^er intention.) Il y a dos gens qui le sont à bien meilleur marche...
(y/ />«/7.) Attrape!., c'est sanglant. {Haut.) D'ailleurs j'ai iDCSoin de mon argent, {/lux gens de justice.) Ainsi...
POLLY. Arrêtez. Quelle est lasommeque l'on vous doit?
YORRICK. Onzeguinées, trois schellings, six pences et les frais.
POLLY. Et c'est pour une pareille misère?..
YORRICK. Ta, ta, ta, ta... C'est avecce» misères-là qu'on finit par se ruiner.
POLI.Y, lui jetant une bourse. Il suffit.... payez-vous.
IDA. Quoi, madame!..
YORRICK, d'un air piteux. Je suis une victime des femmes... elles s'entendent toutes pour me vexer. . .{Regardant l'argent.) Il y a plus que mon compte... {Il met la bourse duns sa poche.) C'est très-bien.
POLLY. Allez, monsieur, je suis ravie de vous connaître... de savoir que vous avez mi mauvais cœur.
YORRICK, d'un air pénétre. Il n'y a pas de mauvais cœur à ça... je voulais rentrer dans mes fonds... je pars demain. Je pars pour ni'éloigner... pour fuir l'Angleterre. Et, à propos de cela, vous m'obligerez de dire à votre... {hésitant) k voire... je ne pourrai jamais... {vii>ement) vous m'obligerez de dire au maître de cette maison de me solder mes comptes... Je ne veux plus avoir aucun rapport avec lui.
POLLY. ^ ous êtes un impertinent! . .Sortez 1
YORRICK. C'est ce que j'allais faire. ( Il remonte la scène. y4 part.) Bravo, Yorrick!.. l'ancienne maîtresse reste auprès d'elle... il est impossible qu'il n'arrive pas quelque catastrophe... Connue je le disais, c'est infernal. {Btis à Ida assise à gauche.) Adieu, jeune et intéressante victime;.. A ous m'en voulez peut-être de vous avoir fait arrêter; mais c'est la plus belle action de ma vie. Vous verrez, vous verrez plus tard... vous direz: Ah! quel brave homme!.. {A Polly.) Je désire que myladysoitaussi heureuse... [appuyant) qu'elle le mérite — J'ai dit : Qu'elle le mérite... et ce n'est pas sans intention... que j'appuie sur le mot! {A part.) Je suis content de toi, Yorrick... tu as été grand et digne !.. {Aux gens du ihériff.) Venez, messieurs.
( Yorrick, sort, ils le suivent.)
SCElNI': VI II.
POLLY, routant à Ida. Remettcz-vous, madame. 11 est parti... Mais je ne puis Mi'expliquer la conduite de cet Yorrick. IDA. Moi-même, j'ai peine à la corn-
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re, lui qui m'avait recueillie avec t de bouté !
poLLY, à part. C'est l'inconnue dont il m'avait parlé. [Haut.) Qui a donc pu le faire changer?
IDA. Je i'ijjnore... Ce matin, son caractère n'était plus le même... Il nie signifie l'ordre de sortir do chez lui... il m'entraîne I... il semblait me pousser vers cet hôtel.
rOLLY, surprise et lentement. C'est singulier !
IDA, regardant autour d'elle. Mais où suis-je doncf" Ahl grand Dieu!
rOLLY, pliLs surprise. Vous connaissez cette maison!
IDA, souriant péniblement. Ah !.. Je n'aujamais cru y recevoir les secours de la pitié... Autrefois c'est moi qui l'habitais. POLLY. Vous?
IDA. J'y marcherais sans me tromper...
[Montrant uncporte.) Là, était une galerie ; ici, le salon bleu... puis le boudoir... de ce côté...
POLLY, étonnée. Mais elle connaît ma maison bien mieux que moi !
IDA, a^yccjoie. Ah! rien ne l'aurait effacée de ma mémoire.
POLLY, la regardant. Vous, madame?...
Qui donc êtes. vous?
IDA. L'épouse de lord Ilverton.
POLLY, frappée. De lord...
1D.\. Le connaîtriez- vous?
POLLY, troublée. Oh! ça n'est pas possil)]e... l'épouse d'un frère... d'un parent, sans doute... car sa femme, à lui.... elle était...
IDA. En Irlande.
rOLLY, tremblante. Et elle y est
jnorto?. .
IDA. On a dû le croire... mais elle est devant vous.
POLLY', avec un criétouffè. Sa femme !... {Sccacliant la têiedans ses'iiains, et à part.) Dieul. sa femme.... et moi... il m'a donc trompée !...
ID.A, courant à elle. Qu'avez-vous? pourquoi ce trouble?...
POLLY , troublée cl la regardant toujours.
\h ! je veux lout siivoir! je veux éclaircir !
IDx. De grâce... expliqurz-vous !
POLLY. Oui., oui... un évéueiiunt que
je ne puis Cl Oire encore... OUI mon Dieu!
pourvu que ma pnuvre tète...
(Elle couil pièbde la table et sonne ) IDA , très-cionnrr Je m'y pnnls !
Meee«oooeoee9aob09esâ0vowk>o<. oeeeseaoeeeeeoe
SCKiXK JA.
Lks Mêmes, JOHN.
POLLY, a John. Conduisez madame. .les
plus grands soins. ( Ecoutant. ) Eh mais î cjuelqu'un monte l'escalier...
JOillv , regardant au deJiors. C'est mylord.
POLLY. Mylord. Ah! John... pas un mot sur la présence de madame... c'est à moi de lui dire. . . Venez, venez, madame, il faut que je vous parle... votre repos, le mien... (// part.) Ah ! je suis bien malheureuse I (Elle entre à droite avec Ida.)
JOn\, seul, la suii>ant des yeux. Malheureuse !... ils s'y mettent de bonne heure !..
(Regardant au fond.) Et le mari aussi
pâle , agité ! Ah çà ! qu'est-ce qu'ils
ont donc?