SCENE XVI
Les MÊMES, LE SHERIFF, Gensde justice, JOHN, Domestiques.
(Moment de silence.
LE SHÉRIFF, à 5M gens. Gardez toutes les issues... {S'açançant en schie. ) Lord Ilverton ?
ILVERTON. C'est moi, monsieur.
LE SHÉRIFF. La clameur publique vous accuse...
ILVERTON. Je sais... je suis prêt à vous suivre!.. ( S' approchant lentement des personnages à mesure qu'il leur parle.) Yorrick, je suis touchéde votre zèle. ..adieu, Polly, et vous chère Ida... pardon encore!., tout mon regret en vous quittant est de n'avoir pu expier mes torts... et réparer votre malheur!.. ( Au shériff.) Allons, monsieur
MORTIMER, en dehors. Arrêtez... arrêtez!..
TOUS. Qu'est-ce donc?
ILVERTON. ÎMortimer!
2g MAGASIN THEATRAL.
coftoo;c»acaacoopoo800oocooooQci»oo8oaoooooo SCENE XVII.
Les IMêmes, I\I0RTIMER, accourant.
MORTiMER. Arrêtez, messieurs... c'est-àdire, n'arrêtez personne! . . car, Dieu merci! personne n'est coupable.
ILVEUTON. Que veux-tu dire?
LE SHÉRIFF. Personne ?
MORTiMiin. ]Non, digne et respectable shérill'.... la vindicte peut rester calme... et vous aussi... tout le monde est pur.'
IDA fM'OLLY. Il serait possible!
YOnuiCK. C'est un peu fort !
ILVERTON. De grâce, parle vite.
MOnriMER, essoiijlé. C'est bien mon intention!., mais j'ai tant couru depuis deux lieures!.. furieux, indigné contre moimême de ne pas découvrir mylady, que je cliercliais inutilement, puisqu'elle était ici... mais résolu à te sauver, à tout prix... je prends un parti désespéré !.. je cours chez le révérend Willis, qui avait célébré le second mariage... pour brûler le registi-e, décimer le feuillet fatal ; enfin, quelque moven honnête... et j'arrive chez lui.... décidé à le séduire ou à l'étrangler!..
LE SHÉRIFF. Comment, monsieur!
MORTiMER. Rassurez- vous... je ne l'ai pas étranglé... et je n'ai pas eu besoin de le séduire !.. un événement incroyable, et cependant tout naturel... on a bien raison de due que les choses les plus simples sont celles auxquelles on pense le moins!.. Figurez-vous, j'arrive chez le digne pasteur, qui était assis tranquillement, les lunettes sur le nez ! — Vous voilà enfin s'écrie-t-il, il y a quatre heures que je suislà à vous attendre. — Pourquoi faire ? ■ — Pour signer. — Quoi? — Hé parbleu!
l'acte de mariage de votre pupille, qui serait nul sans cela... »
TOUS. Qu'entends-je?
MOKTIMER. En effet, dans mon trouble, tantôt j'avais oublié... Il serait nul? m'écriai-je. — Sans doute! ... N'êtes-vous pas tuteur? — Certainement... je suis tuteur... et je vous déclare que je rn'oppose au mariage... je m'y oppose de toutes mes for-
ces!., nul!., de toute nullité... et je m'élance sur le registre et j'y inscris mon vélo officiel!., et je saute au cou du ministre qui me regarde d'un air hébété... jel'euibrasse ! . . j'embrasse son clerc. . . j'embrasse sa femme... qui est affreuse... mais c'est égal!., je n'avais plus la tête à moi... et j'accours te rendre l'innocence... et ton épouse légitime!..
ILVERTON, dans ses bras. Mon ami !
IDA. Notre sauveur!..
ILVERTON, revenant à sa femme et la serrant sur son cœur. Chère Ida!
POLLY. Mon cher tuteur... ah ! il faut que je vous embrasse !..
MORTIMER, gaîment. Volontiers... pendant que j'y suis.
POLLY, après ravoir embrassé. Je suis si contente... si heureuse !..
YORRICR. Et moi donc!., que je suis fier, que ma mauvaise action ait eu sa récompense... car je ne voulais que renverser l'usurpateur.
( Il montre Polly.)
POLLY, souriant. Vraiment?
YORRICK. Je le jure par la vieille Angleterre... {D'un air tendre.) Mais si l'usurpateur veut me rendre ma place... je ferai comme tant d'autres... je me soumettrai. ( Souriant et d'un air tendre.) L'usurpateur voudra-t-il me rendre ma place?...
POLLY. Comment, monsieur Yorrick...
vous n'auriez pas peur de m'épouscr en secondes noces?
YORRICK. Pourquoi donc?., vous n'avez pas eu le temps d'être veuve !
POLLY. Soit!., vous avez un bon cœur... (à part) et je lui dois bien cela, pauvre garçon!
YORRICK, à Mortimer. Dites donc, tuteur... vous n'oublierez pas... de signer, cette fois?
MORTIMER. Je signe le premier!