‹ Polyeucte, martyr; tragédie chrétienne. Publié conformément au texte de l'édition des grands écrivains de la France. Des notices, analyses et notes philologiques et littérairesChapitre 138 sur 158 · AP.TE V. SCÈNE III · texte numérisé non relu

AP.TE V. SCÈNE III

Pour opposer à Dieu rintérèt de Dieu même, Vous vous joignez ensemble! Ah! ruses de l'enfer! Faut-il lant de l'ois vaincre avant que triompher *? Vos résolutions usent trop de remise : 1655

Prenez la vôtre enfin, puisque la mienne est prise.

Je n'adore qu'un Dieu, maître dp l'univers, Sous qui tremblent le ciel, la terre, et les enfers, Un Dieu qui, nous aimant d'une amour infinie ^, Voulut mourir pour nous avec ignominie, 1660

Et qui par un effort de cet excès d'amour ^, Veut pour nous en victime être offert chaque jour. Mais j'ai tort d'en parler à qui ne peut m'entendre. Voyez l'aveugle erreur que vous osez défendre : Des crimes les plus noirs vous souillez tous vos Dieux; Vous n'en punissez point qui n'ait son maitre aux cicux : I.a prostitution, l'adultère, l'inceste.

Le vol, l'assassinat, et tout ce qu'on déteste, , C'est l'exemple qu'à suivre offrent vos immortels. "^ J'ai profané leur temple, et brisé leurs autels; 1670

Je le ferois encor, si j'avois à le faire *, Même aux yeux de Félix, même aux yeux de Sévère, Même aux yeux du sénat, aux yeux de l'Empereur.

FËI.IX

Enfin ma bonté cède à ma juste fureur : Adore-les, ou meurs.

Je suis chrétien.

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