‹ Polyeucte, martyr; tragédie chrétienne. Publié conformément au texte de l'édition des grands écrivains de la France. Des notices, analyses et notes philologiques et littérairesChapitre 17 sur 158 · G2 MARTYRE DE SAINT POLYEUCTE · texte numérisé non relu

G2 MARTYRE DE SAINT POLYEUCTE

contre les chréU^s, cette publication donna un grand trouble à Néarque, non pour la crainie des supplices dont il éloit menacé, mais pour l'appréhension qu'il eut que leur amitié ne souffrît quelque séparation ou refroidissement par cet édit, vu les peines qui y étoient proposées à ceux de sa religion *, et les honneurs promis à ceux du parti contraire. Il en conçut un si profond déplaisir, que son ami s'en aperçut ; et l'ayant obligé de lui en dire la cause, il prit de là occasion de lui ouvrir son cœur. « Ne craignez point, lui dit-il, que redit de l'Empereur nous désunisse; j'ai vu cette nuit le Christ que vous adorez ; il m'a dépouillé d'une robe sale pour me revêtir d'une autre toute lumineuse, et m'a fait monter sur un cheval ailé pour le suivre : cette vision m'a résolu - entièrement à faire ce qu'il y a longtemps que je médite ; le seul nom de chrétien me manque , et vous-même, toutes les fois que vous m'avez parlé de votre grand Messie, vous avez pu remarquer que je vous ai toujours écouté avec respect; et quand vous m'avez lu sa vie et ses enseignements, j'ai toujours admiré la sainteté de ses actions et de ses discours. 0 Néarque! si je ne me croyois point indigne d'aller à lui sans être initié de ses mystères ^ et avoir reçu la grâce de ses sacrements, que vous verriez éclater l'ardeur que j'ai de mourir pour sa gloire et le soutien de ses éternelles vérités! » Néarqh^ l'ayant éclairci du scrupule où il étoit * par l'exemple du bon larron, qui en un moment

1. Proposées, mises sous leurs yeux, pour les intimider. Sur l'emploi très étendu de à, voyez ci-dessus, p. 59, note 3.

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