‹ Polyeucte, martyr; tragédie chrétienne. Publié conformément au texte de l'édition des grands écrivains de la France. Des notices, analyses et notes philologiques et littérairesChapitre 54 sur 158 · Est-ce un souvenir du vers si connu de Virgile · texte numérisé non relu

Est-ce un souvenir du vers si connu de Virgile

Solatia lucttts

Exigua ingentii-

(Enéide, XI, 02.)

ICO POLYEUCTE

0 ciel, qui malgré moi me renvoyez au jour % 0 sort, qui redonniez l'espoir à mon amour, Reprenez la faveur que vous m'avez prêtée, 425

Et rendez-moi la mort que vous m'avez ôtée.

Voyons-la toutefois, et dans ce triste lieu Achevons de mourir en lui disant adieu; Que mon cœur, chez les morts emportant son image, De son dernier soupir puisse lui faire hommage ^! 430

FABIAN

Seigneur, considérez

SÉVÈRE

Tout est considéré.

Quel désordre peut craindre un cœur désespéré? N'y consent-elle pas?

FABIAN

Oui, Seigneur, mais...

SÉVÈRE

N'importe.

FABIAN

Cette vive douleur en deviendra plus forte

SÉVÈRE

Et ce n'est pas un mal que je veuille guérir ^; 435

Je ne veux que la voir, soupirer, et mourir.

1. Ces vers un peu langoureux, ces plaintes d'un « parfait amant » ne répondent guère à l'idée que nous nous faisons aujourd'hui du personnage de Sévère. Mais il n'est pas douteux que le goût un peu romanesque des premiers spectateurs en fut charmé, au moins autant que des plus grandes beautés que nous admirons aujourd'hui dans Polyeucte.

2. Ces huit vers ont quelque chose de lyrique, et la déclamation à demi chantée du xvii° siècle devait leur donner tout à fait ce caractère.

Page 1