‹ Polyeucte, martyr; tragédie chrétienne. Publié conformément au texte de l'édition des grands écrivains de la France. Des notices, analyses et notes philologiques et littérairesChapitre 90 sur 158 · Var. Où le crime d'Etat se mêle au sacrilège · texte numérisé non relu

Var. Où le crime d'Etat se mêle au sacrilège

Corneille a substitué quand, qu'il jugeait plus clair. Il a laissé où dans ces deux vers du Menteur, où le tour n'est pas sans quelque obscurité :

Où le sang a manqué, si la vertu l'acquiert, Où le sang l'a donné, le vice aussi le perd ;

c'esl-à-dire si la vertu acquiert la noblesse là où le sang, etc.

PAULINE

0 fie mon songe affreux trop véritable effet ! Voyez-vous qu'avec lui vous perdez votre fille '?

FÉLIX

Les Dieux et l'Empereur sont plus que ma famille. 930

PAULINE

La perte de tous deux ne vous peut arrêter!

FÉLIX

J'ai les Dieux et Décie ensemble à redouter.

Mais nous n'avons encore à craindre rien de triste :

Dans son aveuglement pensez-vous qu'il persiste?

S'il nous serabloit tantôt courir à son malheur, 835

C'est d'un nouveau chrétien la première chaleur.

PAULINE

Si vous l'aimez encor, quittez cette espérance,

Que deux fois en un jour il change de croyance :

Outre que les chrétiens ont plus de dureté,

Vous attendez de lui trop de légèreté. 940

Ce n'est point une erreur avec le lait sucée *,

Que sans l'examiner son âme ait embrassée :

Polyeucte est chrétien, parce qu'il l'a voulu.

Et vous porloit au temple un esprit résolu.

Vous devez présumer de lui comme du reste ' : 943

Le trépas n'est pour eux ni honteux ni funeste ;

Ils cherchent de la gloire à mépriser nos Dieux ;

Aveugles pour la terre, ils aspirent aux cieux ;

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