SCÈNE IV
FÉLIX, Albin, Pauline, Stratonice
FÉLIX
Ma fille, que ton songe ^ 265
En d'étranges to^^eu^ ainsi que toi me plonge ! ^ Que j'en crains les effets, qui semblent s'approcher !
PAULINE Quelle subite alarme ainsi vous peut toucher?'
FÉLIX Sévère n'est point mort.
PAULINE
Quel mal nous fait sa vie?
FÉLIX Il est le favori de l'empereur Décie. 270
1 Var. Que depuis peu ton songe (1648 in-12 et 1652-56.)
* Var. En d'étranges frayeurs depuis un peu me plonge !
(1643 et 1648 in-40.) 8 Var, De grâce, apprenez-moi ce qui vous peut toucher.
(1643 et 1648 in-40.)
xo POLYEUCTE
PAULINE
Après l'avoir sauvé des mains des ennemis, L'espoir d'un si haut rang lui devenait permis ; Le destin, aux grands cœurs si souvent mal propice, Se résout quelquefois à leur faire justice.
Il vient ici lui-même.
FÉLIX
Il vient !
FÉLIX
Tu le vas voir. 275
PAULINE C'en est trop ; mais comment le pouvez-vous savoir?
FÉLIX
Albin l'a rencontré dans la proche campagne ;
Un gros de courtisans çn foule l'accompagne.
Et montre assez quel est son rang et son crédit ;
Mais, Albin, redis-lui ce que ses gens t'ont dit. 280
ALBIN
Vous savez quelle fut cette grande journée, ^2ue sa perte pour nous rendit si fortunée, f' * ' Où l'Empereur captif, par sa main dégagé.
Rassura son parti déjà découragé.
Tandis que sa vertu succomba sous le nombre ; 285
Vous savez les honneurs qu'on fit faire à son ombre,
Après qu'entre les morts on ne le put trouver :
Le roi de Perse aussi l'avait fait enlever.