‹ Polyeucte, martyr; tragédie chrétienne. With introd. and notes by George N. HenningChapitre 14 sur 90 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

FÉLIX, Albin, Pauline, Stratonice

FÉLIX

Ma fille, que ton songe ^ 265

En d'étranges to^^eu^ ainsi que toi me plonge ! ^ Que j'en crains les effets, qui semblent s'approcher !

PAULINE Quelle subite alarme ainsi vous peut toucher?'

FÉLIX Sévère n'est point mort.

PAULINE

Quel mal nous fait sa vie?

FÉLIX Il est le favori de l'empereur Décie. 270

1 Var. Que depuis peu ton songe (1648 in-12 et 1652-56.)

* Var. En d'étranges frayeurs depuis un peu me plonge !

(1643 et 1648 in-40.) 8 Var, De grâce, apprenez-moi ce qui vous peut toucher.

(1643 et 1648 in-40.)

xo POLYEUCTE

PAULINE

Après l'avoir sauvé des mains des ennemis, L'espoir d'un si haut rang lui devenait permis ; Le destin, aux grands cœurs si souvent mal propice, Se résout quelquefois à leur faire justice.

Il vient ici lui-même.

FÉLIX

Il vient !

FÉLIX

Tu le vas voir. 275

PAULINE C'en est trop ; mais comment le pouvez-vous savoir?

FÉLIX

Albin l'a rencontré dans la proche campagne ;

Un gros de courtisans çn foule l'accompagne.

Et montre assez quel est son rang et son crédit ;

Mais, Albin, redis-lui ce que ses gens t'ont dit. 280

ALBIN

Vous savez quelle fut cette grande journée, ^2ue sa perte pour nous rendit si fortunée, f' * ' Où l'Empereur captif, par sa main dégagé.

Rassura son parti déjà découragé.

Tandis que sa vertu succomba sous le nombre ; 285

Vous savez les honneurs qu'on fit faire à son ombre,

Après qu'entre les morts on ne le put trouver :

Le roi de Perse aussi l'avait fait enlever.

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