ACTE II, SCENE IV
Malgré les faux avis par vos Dieux envoyés, "| y^ 595
Je suis vivant, Madame, et vous me revoyez. |
PAULINE
Le jour est encor long, et ce qui plus m'effraie, La moitié de l'avis se trouve déjà vraie : J'ai cru Sévère mort, et je le vois ici. j
Je le sais; mais enfin j'en prends peu de souci. 600
Je suis dans Mélitène, et quel que soit Sévère,
Votre père y commande, et l'on m'y considère ;
Et je ne pense pas qu'on puisse avec raison ^^
D'un cœur tel que le sien craindre une trahison.J
On m'avait assuré qu'il vous faisait visite, 605
Et je venais lui rendre un honneur qu'il mérite.
PAULINE
Il vient de me quitter assez triste et confus ; Mais j'ai gagné sur lui qu'il ne me verra plus.
POLYEUCTE Quoi ! vous me soupçonnez déjà de quelque ombrage ?
PAULINE
Je ferais à tous trois un trop sensible outrage. 610
J'assure mon repos, que troublent ses regards.
La vertu la plus ferme évite les hasards : <^^v>
Qui s'expose au péril veut bien trouver sa perte ;
Et pour vous en parler avec une âme ouverte,
Depuis qu'un vrai mérite a pu nous enflammer, 615
Sa présence toujours a droit de nous charmer.
Outre qu'on doit rougir de s'en laisser surprendre.
On souffre à résister, on souffre à s'en défendre ;
Et bien que la vertu triomphe de ces feux,
La victoire est pénible, et le combat honteux. 620
O vertu trop parfaite, et devoir trop sincère,
Que vous devez coûter de regrets à Sévère !
Qu'aux dépens d'un beau feu vous me rendez heureux,
Et que vous êtes doux à mon cœur amoureux !
Plus je vois mes défauts et plus je vous contemple, 625
rius j'admire . . .