ACTE F, SCÈNE III lOI
Après avoir tenté l'amour et son effort, 1650
Après m'avoir montré cette soif du baptême, Pour opposer à Dieu l'intérêt de Dieu même, Vous vous joignez ensemble ! Ah ! ruses de l'enfer ! Faut-il tant de fois vaincre avant que triompher? Vos résolutions usent trop de remise : 1655
Prenez la vôtre enfin, puisque la mienne est prise. yu^
Je n'adore qu'un Dieu, maître de l'univers, 0,^^^^^ *^
Sous qui tremblent le ciel, la terre, et les enfers, \ Un Dieu qui, nous aimant d'une amour infinieH Voulut mourir pour nous avec ignominie, V 1660
Et qui par un effort de cet excès d'amour,^ /J
Veut pour nous en victime être offert chaque jour. • Mais j'ai tort d'en parler à qui ne peut m'entendre. Voyez l'aveugle erreur que vous osez défendre : Des crimes les plus noirs vous souillez tous vos Dieux; 1665 Vous n'en punissez point qui n'ait son maître aux cieux : La prostitution, l'adultère, l'inceste.
Le vol, l'assassinat, et tout ce qu'on déteste. C'est l'exemple qu'à suivre offrent vos immortels. J'ai profané leur temple, et brisé leurs autels ; 1670
Je le ferais encor, si j'avais à le faire, KoPJ^^dfO^ AûfA^^ Même aux yeux de Félix, même aux yeux de Sévère, Même aux yeux du sénat, aux yeux de l'Empereur.
FÉLIX
Enfin ma bonté cède à ma juste fureur : Adore-les, ou meurs.
Je suis chrétien.
1 Var. Et qui par un excès de cette même amour, (1643-56.)