‹ Polyeucte, martyr; tragédie chrétienne. With introd. and notes by George N. HenningChapitre 7 sur 90 · ACTE /, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE /, SCENE I

Vous ne m' étonnez point : la pitié qui me blesse 85

Sied bien aux plus grands cœurs, et n'a point de faiblesse.^

Sur mes pareils, Néarque, un bel œil est bien fort :

Tel craint de le fâcher qui ne craint pas la mort ;

Et s'il faut affronter les plus cruels supplices,

Y trouver des appas, en faire mes délices, 90

Votre Dieu, que je n'ose encor nommer le mien,

M'en donnera la force en me faisant chrétien.

NÉARQUE Hâtez-vous donc de l'être.

Oui, j'y cours, cher Néarque ; Je brûle d'en porter la glorieuse marque ; Mais Pauline s'afflige, et ne peut consentir, 95

Tant ce songe la trouble ! à me laisser sortir.

NÉARQUE

Votre retour pour elle en aura plus de charmes ;

Dans une heure au plus tard vous essuierez ses larmes ;

Et l'heur de vous revoir lui semblera plus doux,

Plus elle aura pleuré pour un si cher époux. 100

Allons, on nous attend.

Apaisez donc sa crainte.

Et calmez la douleur dont son âme est atteinte. Elle revient.

1 Var. Est grandeur de courage aussitôt que faiblesse.

(1643 6t 1648 in-40.) Var. Digne des plus grands cœurs, n'est rien moins que faiblesse.

(1648 in- 12 et 1652-56.)

NÉARQUE Fuyez.

POLYEUCTE Je ne puis.

Il le faut :

Fuyez un ennemi qui sait votre défaut,

Qui le trouve aisément, qui blesse par la vue, 105

Et dont le coup mortel vous plaît quand il vous tue.

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