‹ Polyeucte [microforme]Chapitre 20 sur 22 · FÉLIX, BARCINE, ALBIN., BARCINE · texte numérisé non relu

FÉLIX, BARCINE, ALBIN., BARCINE

Père barbare ! achève, achève ton ouvrage ;

Cette seconde hostie est digne de ta rage:

Joins ton fils à ton fils; ose: que tardes-tu?

Tu vois le même crime et la même vertu :

En lui ta barharie a les mêmes matières ;

En mourant, mon ami m'a laissé ses lumières ;

Son sang, dont tes bourreaux viennent de me couvrir, M'a dessillé les yeux et me les vient d'ouvrir.

Je vois, je sais, je crois ; enfin désabusée,

De ce bienheureux sang mon âme est baptisée ;

Ju suis chrétien, enfin, n'est-ce point assez dit ? Conserve en me perdant ton rang et ton crédit ; Redoute l'Empereur, appréhende Sévère ;

Si tu ne veux périr, ma perte est nécessaire : Polyeucte m’appelle à cet heureux trépas ;

Je vois Néarque et lui qui me tendent les bras.

Mène, mène-moi vers tes dieux que je déteste:

lis n’en ont brisé qu'un, je briserai le reste. Û On m'y verra braver tout ce que vous craignez,

Ces foudres impuissants qu'en leurs mains vous peignez,

Et, saintement rebelle aux lois de la naissance,

Une fois envers toi manquer d'ubéissance.

Ce n'est point ma douleur que par là je fais voir :

C'est la grâce qui parie, et non le désespoir.

Le faut-il dire encor ? Oui, mon âme est chrétienne !

Affermis par ma mort ta fortune et la mienne:

Le coup à l'un et l'autre en sera précieux, Puisqu'il t’assure en terre en m'élevant aux cieux, i

PT Ve SCÈNE VI,

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