‹ Polyeucte (volume 2)Chapitre 112 sur 175 · ACTE III, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V

Sans regret, sans murmure, et sans étonnement*, 995

hans lobstination et l'endurcissement,

Comme un chrétien enfin, le blasphème à la bouche.

FÉLIX

Et l'autre ?

ALBIN

Je Vai dit déjà, rien ne le touche.

Loin d'en être abattu, son cœur en est plus haut ; On l'a violenté pour quitter Téchafaud.

Il est dans la prison où je l'ai vu conduire ; Mais vous êtes bien loin encor de le réduire.

FÉLIX

Que je suis malheureux!

ALBIN

Tout le monde vous plaint.

FÉLIX

On ne sait pas les maux dont mon cœur est atteint: De'pensers sur pensers* mon âme est agitée, De' soucis sur soucis elle est inquiétée ; Je sens l'amour, la haine, et la crainte, etl espoir, La joie et la douleur tour à tour 1 émouvoir ;

V 096. Pauline l'avait bien prévu (v. 904-905) :

Je sais quelle est Thumeur et lesprit d'un chrétien : Dans lobstination jusqu'au bout il demeure.

V 907 C'est ainsi que meurt le héros de Rotrou {Saint Gene.^

Jaijoint àla douceur, aux offres, aux prières

Tout l'art dont la rigueur peut tourmenter les corps ,

Mais ni leschevalets, ni les lames flambantes,

Ni les ongles de fer. ni les torches ardentes

N'ont contre ce rocher été qu un doux z^'phyr,

Et n'ont pu de son sein arracher un soupir ;

Sa force/en ce tourment, a paru plus qu humaine.

V. 998. Le départ de Pauline na rien à changer à la réponse d Albin V. 958-960). , . ., .,,„....,

V. 1002. Var. : Mais vous nétes pas iivt enoor de le réduire. (Ed. lb*3-ob.)

V.1003. « Oui, il est malheureux. 11 a beau être préfet ce^^^^^^^ n sent très vivement le chagrm des «^«^^^- ^^^^^^^ re^pUr^Ta sa place à

cœur. Mais 11 a aus.i le. ^^^J^^^f ^^m ^. S un^^^^^^ (Tarder- iamais homme en eftet nesetron\a aans ^J^^^P"*/''.'*:,^ V^o, ^ fuFl: s .KCEV, Le Temps, Cfu^oni,ue t^^^^^^^^^^ ^^^^l^ns prouver ^ Si Albin est sincère, et il doit 1 être «f ^^^.\^;\^f ^^^ie ses administrés, que Félix n'est pas un "^^•chaj,t^o"^^^^'^^J[Vl va de la vivacité de senti- Y. 1006. « Il n'y a pas la d'elegance, mais il y a ae la

ment. » (Voltaire.) • • g^t nout-ètre un peu

Y. 1008. Voltaire a raison de trouver que le mot^o^e eM pt-ui i

fort.

?st. V. vil

J'entre en des sentiments qui ne sont pas croyables :

J'en ai de violents, j'en ai de pitoyables*, loio

J'en ai de généreux qui n'oseraient agir,

J"en ai même de bas, et qui me font rougir.

J'aime ce malheureux que j'ai choisi pour gendre,

Je hais l'aveugle erreur qui le ^ient de surprendre :

Je déplore sa perte, et, le voulant sauver, 1015

J'ai la gloire des Dieux ensemble à conserver ;

Je redoute leur foudre* et celui de Décie ;

Il y va de ma charge, il y va de ma Aie :

Ainsi tantôt pour lui je m'expose au trépas,

Et tantôt je le perds pour ne me perdre fjas. 1020

ALBIN

Décie excusera l'amitié d'un beau-père ;

Et d'ailleurs Polyeucte est d'un sang qu'on révère.

FÉLIX

A * punir les chrétiens son ordre est rigoureux ;

Et plus l'exemple est grand, plus il est dangereux.

On ne distingue point quand l'offense est publique : 1025

Et lorsqu'on dissimule un crime domestique,

Par quelle autorité peut-on, par quelle loi,

Châtier en autrui ce qu'on souffre chez soi ?

ALBIN

Si A'ous n'osez avoir d'égard à sa personne,

Écrivez à Décie afin qu'il en ordonne *. io:jo

FÉLIX

Sévère me perdrait, si j'en usais ainsi :

Sa haine et son pouvoir font mon plus grand souci.

Si j'avais différé de punir un tel crime,

V. 1014. Pauliae a la même opinion que son rjère sur la conduite de Polyeucte (v. 1286) :

Étrange aveuglement !

V. 1022. Ce vers prépare, ou essaie rie préparer les vers 1069-1075.

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