V. 1365. Sévère est demeuré immobile et confus
V. 1366. <( Les larmes de Pauline n'ont pu rien sur Polyeucte; elle s'adresse, pour le sauver, à celui même qui est le plus intéressé à ce qu'il meure, à son rival. Elle croit qu'un homme qui lui a paru digne d'elle doit être capable de ce trait de générosité. C'étaient là des beautés neuves et originales, dont personne n'avait donné l'idée. Cette délicatesse de sentiments ne se trouvait ni dans les théâtres des anciens, ni dans ceux des modernes; elle était l'âme du grand Corneille. » (L\ Harpe.) — Ponsard s'est souvenu de cette belle scène dans sou. Lioti amoureux (III, vu, et ce n'est pas un mince honneur pour lui que l'on puisse citer, après les paroles de Pauline, celles de la marquise de Maupas, Aimée, elle le sait, d'un jeune membre de la Convention, Humbert, quelle a connu dans son enfance, elle vient lui demander de sauver son beau-frère, convaincu d'avoir pactisé avec les Vendéens et les Anglais; Humbert se révolte, car le beau-frère de la marquise, qui est veuve, est en même temps son fiancé, et l'on veut qu'il sauve un complice des Bourbons, pour le seul avantage de le donner comme époux à celle que lui, Humbert. il aime passionnément 1 Oui, répond la marquise, sur le même ton que Pauline :
Oui. l'effort que je veux nest pas d'un cœur vulgaire, E: tous ne feraient pas ce que vous devez faire": Mais, vous mettant plus haut que le niveau commun, J'attendais plus de vous qu'on n'attendrait d'aucun. Croyez-moi. croyez-en l'instinct sur d'une femme, rfs'écoutez en ceci que votre grandeur d'âme, Et. par cette raison que vous êtes jaloux, Délivrez le rival qui sera mon époux.
Inconnu, vous deviez l'abandonner au juge: Ennemi, c'est chez \ous qu'il doit trouver" refuge. Et je vous le demande en grâce, avec ferveur, Pour son salut — et pour la gloire du sauveur.