‹ Polyeucte (volume 3)Chapitre 16 sur 77 · ACTE n, SCÈN£ V · texte numérisé non relu

ACTE n, SCÈN£ V

La victime est choisie, et lè peuple à genoux; Et pour sacrifier on n'attend pins que vous.

POLTEUCTE.

Va, nous allons te suivre. Y venez-vous, madame?

PAULINE

Sévère craint ma vue, elle irrite sa flamme ; > Je lui tiendrai parole, et ne veux plus le voir. Adieu : vous ïy verrez.; pensez à son pouvoir, Et ressouvenez-vous que sa valeur est grande.

Allez, tout son crédit n*a rien que j'appréhendo; Et comme je connois sa générosité.

Nous ne nous combattrons que de civilité.

NÉAKQUE.

Qù pensez-vous aller?

Au temple, où l'on m'appelle.

NÉARQUE

Quoil Yous mêler aux vœux d'une troupe infidèle I Oubliez-vous déjà que vous êtes chrétien ?

Vous par qui je le suis, vous en souvient-il bien?

NÉARQUB.

J'abhorre les faux dieux.

Et moi, je les déteste.

NÉARQUE

Je tiens leur coite impie.

Et je le tiens funeste.

NÉARQUE

Fuyez donc leurs autels. ^

Je les veux renverser, Et mourir dans leur temple, ou les y terrasser.

26 POtYEUCTE.

Allons, man cher Néarque, allons aux yeux des homincs Braver l'idolâtrie, et montrer qui nous sommes : C'est l'attente du ciel, il nous la faut remplir; Je viens de le promettre, et je vais Taccomplir. Je rends grâces au Dieu que tu m'as fait connoître De cette occasion qu'il a sitôt fait naître.

Où déjà sa bonté, prête à me couronner, Daigne éprouver la foi qu'il vient de me donner.

néaAque.

Ce zèle est trop ardent, souffrez qu'il se modère.

On n'en peut avoir trop pour le Dieu qu'on révère.

NÉARQUE

Vous trouverez la mort.

Je la cherche pour lui.

NÉARQUE

Et si ce cœur s'ébranle?

U sera mon appui.

NÉARQUE

D ne commande point que Ton ^'y précipite

Plus elle est volontaire, et plus elle mérite.

NÉARQUE

Il suffit, sans chercher^ d'attendre et de souffrir.

On souffre avec regret quand on n'ose s'offrir.

NÉARQUE

Mais dans ce temple enfin la mort est assurée,

Mais dans le ciel déjà la palme est préparée.

NÉARQUE

Par une sainte vie il faut la mériter.

Mes crimes, en vivant, me la pourroient ôter. Pourquoi mettre au hasard ce que la mort assureT Quand elle ouvre le ciel, peut- elle sembler duic?

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